Peuple de France : À Roissy, les sans-papiers veulent faire la loi !

mercredi 22 mai 2019

À Roissy, les sans-papiers veulent faire la loi !

Les sans-papiers, qui sont hors la loi, voudraient faire la loi. À l’appel d’un collectif, plusieurs centaines de sans-papiers, se surnommant les « gilets noirs », ont occupé dimanche dernier, pendant près de deux heures, le terminal 2 de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle pour dénoncer le rôle d’Air France dans les reconduites à la frontière.
Les sans-papiers, qui sont hors la loi, voudraient faire la loi. À l’appel d’un collectif, plusieurs centaines de sans-papiers, se surnommant les « gilets noirs », ont occupé dimanche dernier, pendant près de deux heures, le terminal 2 de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle pour dénoncer le rôle d’Air France dans les reconduites à la frontière.

Ils exigeaient que la compagnie mette fin à « toute participation financière, matérielle, logistique ou politique » et dénonçaient les pressions exercées sur le personnel d’Air France et sur les passagers opposés aux expulsions.


Après qu’une délégation eut été reçue par des responsables d’Air France qui, selon un membre du collectif, se sont engagés « à faire part des doléances auprès de la direction », les sans-papiers ont évacué les lieux.

Ce n’est pas la première fois que ce collectif organise des manifestations. Fin janvier, il avait conduit un rassemblement devant la préfecture de police. En décembre, il avait tenté d’occuper la Comédie-Française, publiant un communiqué qui en dit long sur les revendications et les intentions de ses animateurs. Il s’agissait d’interrompre « la représentation de la sanguinaire Lucrèce Borgia » et d’interpeller « l’administrateur général nommé directement par ceux-là mêmes qui donnent l’ordre de nous chasser, nous enfermer, nous déporter, nous frapper, nous tuer ».

Il vaut la peine de citer intégralement le début du communiqué, tout étant du même acabit, en écriture inclusive, comme il se doit : « Nous sommes des habitant.e.s des foyers insalubres et des locataires de la rue. Parmi nous, il y a des immigré.e.s ou leurs enfants, des sans-papiers, des étranger.ère.s raflé.e.s, humilié.e.s, déporté.e.s, exploité.e.s, mutilé.e.s aux frontières ou à la préfecture. Nous sommes de ceux qui prennent des kwasa-kwasa [allusion à la plaisanterie stupide de Macron sur les Comoriens]. Il y a aussi à nos côtés les fantômes de nos mort.e.s assassiné.e.s aux frontières par l’Union européenne et Frontex. »

Il faudrait être aveugle pour ne voir dans ce type de discours que l’expression de préoccupations humanitaires. Des formules comme « État français = État raciste » ou « Stop à la collaboration entre les États occidentaux et leurs anciennes colonies qui signent des traités internationaux à Marrakech, Khartoum, Dublin pour mieux nous déporter ! » montrent, s’il en était besoin, que l’objectif de telles actions est aussi politique, voire subversif.

Pourtant, le gouvernement met un zèle modéré à appliquer la loi. Christophe Castaner a beau affirmer, lors de la présentation du budget 2019 de l’immigration, que « l’entrée en fonction de ce gouvernement a marqué un tournant » dans la lutte contre l’immigration irrégulière, « avec une reprise nette des éloignements », ses paroles ne semblent pas avoir beaucoup d’effets. Il est vrai que le flux des migrants non éligibles au droit d’asile est continu.

La situation des sans-papiers est un problème humain qu’on ne peut nier. De là à exiger pour eux « des papiers, des logements et la liberté de circulation et d’installation » ! Il faut savoir qu’il n’y a pas d’automaticité en matière d’expulsion. Loin de là ! Les étrangers malades, les mineurs, les clandestins dont la sécurité n’est pas assurée dans leur pays d’origine en sont exclus. Sans compter que beaucoup de ceux qui sont en situation irrégulière ne présentent aucun document d’identité, ou en déclarent une fausse, ce qui bloque la procédure.

Malgré les déclarations de fermeté, à quelques jours des européennes, on se demande si les plus coupables, dans cette affaire, sont, non pas les clandestins eux-mêmes, mais les associations qui les aident à transgresser la loi ou les politiciens incapables de la faire appliquer.

Philippe Kerlouan pour bvoltaire.fr


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