Peuple de France - Revue de presse française et internationale: Avec la loi Alimentation, ce sont les plus pauvres qu’on taxe !

mercredi 20 février 2019

Avec la loi Alimentation, ce sont les plus pauvres qu’on taxe !

Emmanuel Macron a prétendu donner cent euros aux smicards, en décembre. En réalité, l’augmentation sera, en moyenne, de cinquante euros et beaucoup n’auront rien. Mais cette aumône est, en partie, annulée par la flambée des prix consécutive à la loi Alimentation.
Emmanuel Macron a prétendu donner cent euros aux smicards, en décembre. En réalité, l’augmentation sera, en moyenne, de cinquante euros et beaucoup n’auront rien. Mais cette aumône est, en partie, annulée par la flambée des prix consécutive à la loi Alimentation.

Cette dernière oblige les grandes surfaces à baisser leurs marges sur les fruits, les légumes, les viandes et les poissons et, a contrario, à en prendre une minimale de 10 % sur tous les produits d’alimentation.


Résultat : des enseignes célèbres qui, pour attirer le client, vendaient quasiment à perte ont vu beaucoup de leurs prix faire un bond de 9 %. Énorme ! D’autres, plus élitistes, qui avaient la réputation d’être chers ont, au contraire, baissé leurs prix de 0,6 %. En moyenne, la première semaine de l’application de la loi, l’augmentation a été de 4,1 % en hypermarchés, 3,6 % en supermarchés, sur un grand nombre de produits transformés, au premier rang desquels on trouve le très célèbre Nutella®, qui avait provoqué des émeutes et, d’une certaine façon, est à l’origine de cette loi. Sont également fortement impactés les alcools et le Coca-Cola®.

Les produits maison des distributeurs montent moins car les grandes surfaces ont fait baisser le prix d’achat de ce type de marchandise puisqu’ils contrôlent le processus de A à Z, depuis la fabrication jusqu’à la vente. Mais Nutella® est vendu toujours au même prix aux distributeurs et ceux-ci ne peuvent plus brader cette confiture de noisettes, d’où sa flambée de 6 % à 9 % dans les rayons.

L’augmentation semble s’amplifier la deuxième semaine et on peut craindre le pire. Certains parlent d’une augmentation finale de 6 %. Les prévisions économiques sont floues. Les experts estiment que les hausses coûteront aux consommateurs, en deux ans, au mieux 0,6 milliard (ce qui serait encore raisonnable), au pire 4,6 milliards (à comparer aux 11 milliards lâchés par M. Macron en décembre). Cela représenterait un coût moyen annuel, pour un ménage, d’au mieux 10 euros par an (ce qui est acceptable), au pire de 74 euros, soit 15 % à 20 % de la hausse de la prime d’activité ! Cette loi Alimentation va d’abord remplir les caisses vides de l’État par le biais de la TVA. Ensuite, elle impactera surtout les classes les plus pauvres, car les produits qui flambent sont ceux que les catégories sociales les plus défavorisées achètent en priorité. La viande, le poisson, les légumes qui vont peut-être (?) baisser sont, malheureusement, des produits surtout consommés par les classes moyennes supérieures. D’autres produits (douche, produits d’hygiène) non concernés par cette loi verront, qui sait, leurs prix baisser fortement, mais rien n’est sûr.

Dans sa grande naïveté, le gouvernement espère que les distributeurs ayant augmenté leurs marges paieront plus cher leurs produits aux agriculteurs. On peut en douter et on demande à voir ! Les hypermarchés et les supermarchés sont ravis d’être débarrassés d’une concurrence qui leur coûte cher et les grands gagnants de cette loi seront probablement les actionnaires des groupes d’hypermarchés dont les dividendes vont flamber. Parfois, des secteurs de l’économie sont punis par de fortes amendes parce qu’ils se sont entendus pour maintenir les prix élevés en se répartissant le marché et en évitant toute concurrence frontale. C’est exactement ce qui vient de se produire, mais là, c’est l’État qui a pris l’initiative de ce cartel sur la distribution !

Christian de Moliner pour bvoltaire.fr


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