Peuple de France-Revue de presse: Charles de Courson : « Le glissement du gouvernement vers l'autoritarisme est inadmissible »

dimanche 10 février 2019

Charles de Courson : « Le glissement du gouvernement vers l'autoritarisme est inadmissible »

Vent debout contre la loi anti-casseurs, le député centriste de la Marne accuse le gouvernement de « se laisser séduire par la tentation autoritaire ».
Vent debout contre la loi anti-casseurs, le député centriste de la Marne accuse le gouvernement de « se laisser séduire par la tentation autoritaire ».

Charles de Courson aura marqué ces derniers jours les esprits – et l'hémicycle – en mettant en garde contre le projet de loi anti-casseurs. « C'est la dérive complète  ! On se croit revenu sous le régime de Vichy ! » a-t-il lancé à l'Assemblée nationale.

Le Point : Vous avez dressé un constat sévère contre la loi dite anti-casseurs, en allant jusqu'à la comparaison avec le gouvernement de Vichy. N'êtes-vous pas allé trop loin ?

Charles de Courson : Je ne suis pas le seul à contester les fondements du projet Retailleau. D'autres l'ont fait, y compris chez La République en marche et les Républicains. Avec cette loi, on transfère aux préfets des pouvoirs que détiennent les juges. On déshabille l'autorité judiciaire pour combler les manquements de l'exécutif dans le maintien de l'ordre. Nous touchons donc à l'état de droit, et c'est proprement inacceptable ! Nous transformons le préfet en juge, mais ce n'est pas à lui de dire si telle ou telle personne peut ou ne peut pas manifester sur la seule base du soupçon. Le préfet pourrait ainsi définir des périmètres de sécurité d'une manifestation tout seul dans son coin, sous l'autorité et l'aval du ministère de l'Intérieur et sans que la justice ne soit consultée.


Cette loi passera-t-elle le Conseil constitutionnel ?

Je ne donne pas cher de l'article 2 quand les sages l'étudieront. Fort heureusement, il y a un conseil constitutionnel dans ce pays. Manifester est un droit constitutionnel, n'en déplaise au ministre de l'Intérieur. Alors, on me rétorque : « On l'a déjà fait pour les manifestations sportives. » Pardon, mais aller à un match de foot n'est en rien une liberté constitutionnelle ! Dans ce texte de loi qui vient de sortir de l'Assemblée nationale, nous n'avons même pas défini les actes qui permettraient aux préfets de qualifier les individus dangereux et de leur retirer le droit de manifester. Mais où va-t-on ? Cela ne tient pas debout. L'état d'urgence permettait déjà ce genre de mesures, mais il avait pour but de lutter contre le terrorisme. Les Gilets jaunes sont-ils des terroristes ? Bien sûr que non. Arrêtons de délirer. On voit bien là le glissement du gouvernement vers l'autoritarisme, et c'est inadmissible. Je me suis toujours élevé contre ces textes dangereux pour notre démocratie. Je l'ai fait contre la déchéance de nationalité de François Hollande et je continuerai à le faire contre cette dérive.

[...]

En savoir plus sur lepoint.fr


Sur le même thème lire aussi:


1 commentaire:

  1. Oui Mr de Courson, nous dérivons trés dangereusement vers ce triste épisode du régime de vichy.
    Tout s'effondre en France.nous avons perdu notre crédibilité à l'étranger.A quand le grand chambardement.,et la grande lessive politique
    Notre devise Liberté Egalité Fraternité est bafouée tous les jours. La liberté il y en a de moins en moins,l'égalité n'existe plus,et la fraternité,il faut remonter 5O ans en arriére pour la retrouver.

    RépondreSupprimer

Participer à la discussion

Articles à lire aussi