Revue de presse française et internationale - Peuple de France: Ivan Rioufol étrille les Foulards rouges

mercredi 30 janvier 2019

Ivan Rioufol étrille les Foulards rouges

L’histoire s’écrira sans les Foulards rouges, s’ils persistent à mettre leurs foulards sur leurs yeux.
L’histoire s’écrira sans les Foulards rouges, s’ils persistent à mettre leurs foulards sur leurs yeux.

"Le fascisme ne passera pas !", ont répondu des Foulards rouges, dimanche, à l’adresse d’une poignée de Gilets jaunes venus les narguer. La scène s’est déroulée dimanche, place de la Bastille.


La réplique pavlovienne, venue des profondeurs de Mai-68, dit bien l’incompréhension de ces progressistes pépères pour l’authentique révolte populaire qui se déroule sans eux. Nombreux sont les anciens soixante-huitards - Daniel Cohn-Bendit en tête - qui sont devenus les défenseurs grincheux du parti de l’Ordre. Les anars d’hier, qui faisaient peur aux notaires, ressemblent désormais aux petits bourgeois irrités qu’ils moquaient alors. Hier, certains de ceux-là sommaient les protestataires de se mettre au boulot, sans réaliser que les Gilets jaunes sont justement ces Français qui travaillent mais n’arrivent pas à vivre de leurs revenus. Les Foulards rouges, partis 2000 de la place de la Nation (chiffre des médias sur place) sont arrivés 10.500 (chiffre du ministère de l’Intérieur) trois heures plus tard, place de la Bastille, pour se disperser immédiatement comme des moineaux. Mobilisés pour dénoncer la violence des Gilets jaunes, ils n’ont rien dit du sort de Jérôme Rodrigues, blessé la veille par un tir de la police, sur cette même place de la Bastille. Ce leader de la contestation, touché à l’oeil, est justement de ceux qui appellent à manifester pacifiquement. Mais il faut croire que ce profil, qui est en fait celui de la très grande majorité des Gilets jaunes, ne fait pas les affaires des pro-Macron. Leur entêtement à vouloir caricaturer ces Français en colère laisse voir une intransigeance qui est, elle, une authentique et permanente violence.

La complaisance mise par certains commentateurs à valoriser les propos incendiaires d’Eric Drouet, ce nouveau héros que l’extrême gauche s’est choisie, contribue à cette stratégie de diabolisation du mouvement, présenté par les Foulards rouges comme une menace pour la République. Réagissant à la blessure de Rodrigues, Drouet a effectivement lancé un appel, samedi, "à un soulèvement sans précédent par tous les moyens utiles et nécessaires pour que plus personne ne soit victime de ces blessures de guerre." Mais, outre le fait que Rodrigues a au contraire demandé le retour au calme, cette seule invitation au "soulèvement" ne suffit pas à en faire un mot d’ordre méritant d’être répercuté par les médias. Il est stupide d’assurer que la République est menacée au prétexte que des citoyens demandent davantage de démocratie. Le fascisme que dénoncent les Foulards rouges est chez ceux qui, en leur sein, défendent un entre soi oppresif qui n’est plus tenable. La répression ne peut être l’unique argument de la caste face à une protestation d’envergure qui ne faiblira pas. D’autant que les prises de paroles, qui se multiplient, consolident les revendications populaires. Rivarol, témoin de la Révolution de 1789, l’avait noté à l’époque : "Les nations que les rois assemblent et consultent commencent par des vœux et finissent pas des volontés". Tant pis : l’histoire s’écrira sans les Foulards rouges, s’ils persistent à mettre leurs foulards sur leurs yeux.

Article d'Ivan Rioufol paru sur son blog


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