Revue de presse - Peuple de France: Vivre au SMIC. Reportage avec les gilets jaunes

mercredi 5 décembre 2018

Vivre au SMIC. Reportage avec les gilets jaunes

C’est le peuple qui souffre qui occupe les ronds-points.
C’est le peuple qui souffre qui occupe les ronds-points.

Les gouvernants semblent à l’heure actuelle incapables de comprendre la colère des Gilets jaunes, la révolte qui pèse au dessus de leur tête (les exemples dans l’histoire ne manquent pourtant pas de peuples qui, à bout, se soulèvent et renversent la table).

Dans le Centre Bretagne, où vit un peuple abandonné depuis des lustres par les pouvoirs publics qui lui privilégient très souvent les banlieues qui savent s’enflammer pour se faire entendre, à Carhaix, à Quimperlé, à Gourin, au Faouët, à Loudéac, à Callac, ils sont nombreux à arborer le gilet jaune sur leur voiture, et à soutenir le mouvement, les manifestations, mais aussi les blocages, et parfois même les violences. « La Révolution française, ça ne s’est pas fait dans la paix » nous dit une femme présente lors d’un blocage à Quimperlé. « Ils devraient avoir honte de chanter la Marseillaise, donc les mots ne sont pas pacifistes du tout, tout comme l’origine de la chanson ».

C’est le peuple qui souffre qui occupe les ronds-points

Nous avons parcouru des zones où l’on retrouvait des manifestants, de Guingamp à Quimperlé, de Gourin à Plemet, dans les Côtes d’Armor. A chaque fois, c’est le peuple qui souffre qui occupe les ronds-points. Florence, une autre dame (leur présence en nombre est particulièrement flagrante) rencontrée à Loudéac, nous décrit son quotidien : « Je travaille à l’usine, je gagne 1150€ nets par mois. Mon mari pareil. On travaille toute la journée. On a trois enfants. Malgré des aides, on ne part jamais en vacances, on peut à peine payer les classes de neige ou vertes des enfants. A la fin du mois, il ne nous reste plus rien. On vit à crédit. »

200 euros d’électricité tous les mois, dans une maison familiale de campagne mal isolée, 800€ par mois de crédits immobilier et travaux, 100€ par mois de crédit à la consommation, la mutuelle, l’assurance, la redevance, l’abonnement Internet…« Au final à la fin, je suis obligé de nourrir mes enfants avec des produits bas de gamme. J’ai honte. Je voudrai bien pouvoir avoir mon potager, manger du bio : mais vous croyez vraiment qu’en bossant à l’usine et en élevant trois enfants on peut faire mieux ? ». Florence est au bord des larmes quand nous parlons, et elle nous rappelle les nombreux témoignages vus et entendus ailleurs, à la radio, à la télévision. « Vivre au SMIC, c’est mal manger, mal vivre, c’est terrible », nous lâche son mari, impuissant devant la détresse de sa femme.

« Ils ne sortent plus de chez eux, tellement ils ont honte de leur pauvreté »

« Et encore, si vous saviez tous ceux qui sont dans les campagnes et qui n’osent rien demander, qui ne sortent plus de chez eux tellement ils ont honte de leur pauvreté. C’est inhumain de laisser une telle situation dans un pays comme la France. On a plus rien ».


Du côté des revendications de ces gilets jaunes , on retrouve la baisse de l’essence bien entendu , mais pas que, loin de là : l’augmentation du SMIC à 1500€ est dans beaucoup de têtes. La suppression des taxes sur l’électricité également. « Sur 200€ par mois d’électricité en automne hiver, plus de la moitié ce sont des taxes » nous dit Florence. Elle n’a pas tort. Regardez vos factures, et le montant des taxes, c’est astronomique. Mais également le sentiment que « d’autres » sont privilégiés par rapport « aux Français » et que « ce n’est pas normal ». 

« De toute façon, les manifestations sans casse, ça n’apporte jamais rien. »


En attendant, si certains continuent à vouloir manifester localement, d’autres n’ont pas hésité à monter en bus à Paris : « ça coute cher, mais il faut aller chercher les décideurs chez eux, même si c’est ici qu’on vit ». Et les violences, et les dégradations ? Le mari de Florence déplore « la casse », tout en concédant : « de toute façon, les manifestations sans casse, ça n’apporte jamais rien. A Notre-Dame de landes ils auraient eu l’aéroport si ils n’avaient rien cassé ».

Une chose est certaine, de la bouche de tous les manifestants rencontrés, ils ne lâcheront rien : « On ne peut plus faire marche arrière, c’est maintenant, c’est tout ou rien ». 

Comme une atmosphère de fin de règne pour les tenants de la Ve République en France ….

Source: breizh-info.com


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