Peuple de France-Revue de presse: "contexte proche de la guerre civile": Lettre ouverte au Premier Ministre d'un syndicat de policiers

lundi 31 décembre 2018

"contexte proche de la guerre civile": Lettre ouverte au Premier Ministre d'un syndicat de policiers

Lettre ouverte au Premier Ministre relative aux mutilations de Gilets jaunes s’apparentant à des blessures de guerre et au maintien des festivités de la Saint-Sylvestre, correspondance du syndicat France Police – Policiers en colère.
Lettre ouverte au Premier Ministre relative aux mutilations de Gilets jaunes s’apparentant à des blessures de guerre et au maintien des festivités de la Saint-Sylvestre, correspondance du syndicat France Police – Policiers en colère.


Monsieur le Premier Ministre,


Depuis le 17 novembre dernier, plusieurs Français ont été gravement mutilés lors de tensions entre nos services et des manifestants gilets jaunes au cours d’opérations de maintien de l’ordre.

Mes collègues se sont engagés dans la police nationale pour protéger la vie de leurs compatriotes. Malheureusement, des citoyens ordinaires, comme nous policiers, vont désormais devoir vivre avec un œil ou une main en moins.

Ces mutilations permanentes semblent avoir été causées par les LBD et les GLI-F4. Jamais sous la cinquième République nous avions fait un usage aussi intensif de telles armes contre la foule.

Dans le cadre des opérations de maintien de l’ordre, l’emploi de ces armes est ordonné par l’autorité administrative. Il s’agit généralement des préfets qui appliquent les orientations du ministre de l’Intérieur.

Il ne m’appartient pas d’apprécier si l’usage de la force ordonnée par l’autorité ministérielle et préfectorale a été proportionné ou non.

Toutefois, il appert que les victimes mutilées sont généralement de simples manifestants pacifiques s’étant retrouvés au milieu des casseurs. Le plus souvent, les émeutiers aguerris à nos méthodes, n’ont pas été blessés ni interpellés.

Lors de l’affaire Théo, le Président de la République en personne s’était déplacé au chevet de cette prétendue victime de violences policières. A l’époque, l’ensemble du Show-biz s’était levé, vent debout, pour dénoncer une simple blessure anale, n’ayant pas entraîné d’infirmité permanente.

S’agissant des Gilets jaunes mutilés, alors que certains dommages corporels s’apparentent à des blessures de guerre, je m’étonne que personne, ni dans la classe politique ni chez les people, ne s’en émeuve.

S’il est indéniable que les Gilets jaunes sont régulièrement infiltrés par des casseurs ultra-violents et déterminés, cela ne peut en rien justifier les victimes collatérales innocentes.

Même en Syrie, l’Occident a souvent préféré épargner des terroristes de Daesh plutôt que de risquer de blesser ou de tuer les populations civiles.

Dans le contexte français du moment, vous ne pouvez pas ignorer que les festivités de la nuit de la Saint-Sylvestre vont forcément dégénérer. En maintenant les manifestations festives du 31 un peu partout en France et, notamment sur les Champs-Élysées, vous exposez l’intégrité physique de mes collègues mais également celle de la population qui s’y rendra, pacifiquement ou non.

Dans un contexte proche de la guerre civile, il aurait été raisonnable de proscrire l’ensemble des rassemblements dans les villes de plus de 10.000 habitants partout en France pour cette Saint-Sylvestre.

Mais pour des raisons sans doute politiques et économiques, vous exposez vos administrés et vos agents publics à des risques de blessures graves, voir à un risque de mort. Il ne vous aura pas échappé que mes collègues sont épuisés. Dès lors, ils maitrisent moins bien leurs gestes professionnels.

Notre organisation France Police – Policiers en colère, cinquième force syndicale du ministère de l’Intérieur vous avertit et vous met en garde sur les conséquences possiblement dramatiques de votre gestion de la sécurité de la Nation.

Pour conclure, 48 procédures ont été ouvertes par l’IGPN contre des collègues pour des faits présumés de violences policières. Ces enquêtes devront être l’occasion d’évaluer si la force engagée par l’autorité administrative était bien proportionnée et strictement nécessaire.

Si un usage excessif de la force a été employé, pour France Police – Policiers en colère, il ne s’agira pas de bavure policière mais bien d’une faute de l’État. Chacun devra alors prendre ses responsabilités.

Recevez, Monsieur Le Premier Ministre, l’expression de mes salutations les plus respectueuses et cordiales.

Michel Thooris, secrétaire général de France Police – Policiers en colère.


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