Peuple de France-Revue de presse: Gilets jaunes : « Nous les bouseux, on en veut plus des paroles d’Emmanuel Macron »

mardi 11 décembre 2018

Gilets jaunes : « Nous les bouseux, on en veut plus des paroles d’Emmanuel Macron »

S’il y avait un adulte dans la salle, il vous dirait pourquoi les promesses de Macron sont du vent, rien que du vent, et que rien ne va changer – bien au contraire. Giscard jouait de l’accordéon chez l’habitant, Macron leur a joué du pipeau.
S’il y avait un adulte dans la salle, il vous dirait pourquoi les promesses de Macron sont du vent, rien que du vent, et que rien ne va changer – bien au contraire. Giscard jouait de l’accordéon chez l’habitant, Macron leur a joué du pipeau.

Je me sacrifie pour le faire parce que s’il faut compter sur les économistes pour faire fonctionner leur jugeote, on peut toujours attendre. Sur RTL (2) d’ailleurs, le journaliste économique Christophe Ponzio, en évoquant les promesses d’heures supplémentaires détaxées, la baisse de la CSG des retraités, et coup de pouce pour le Smic, parle de coût pour l’État.
Mais non, le coût n’est pas « pour l’Etat », mais pour les citoyens. Ce serait pour l’Etat s’il réduisait son train de vie et supprimait à vue les avantages royaux de ses hauts-fonctionnaires.


  • Que demandent les Gilets jaunes ? Que les petites gens soient moins étranglés d’impôts.
  • Que répond Macron ? Il supprime une taxe ici, une taxe là, et remonte le SMIC et prend tout en charge pour qu’il n’y ait aucun coût pour les entreprises.
  • Comment Macron va-t-il financer tous ces cadeaux et concessions qu’il a faites lundi soir, dont le coût est estimé à 15 milliards d’euros (2) ? Il n’a que deux solutions : plus d’impôts, ou en faisant pousser l’argent sur les arbres.

Elle est pas belle la vie ?

Les Gilets jaunes et le bon sens populaire

Une chose me rassure, avec les Gilets jaunes, c’est qu’il se définissent comme des bouseux, des petits campagnards. Autrement dit, ils sont les vraies élites qui nourrissent le pays : sans eux, sans leur travail et leur savoir-faire, c’est le Vénézuela. De plus, le bon sens populaire, vous ne le trouverez ni chez les politiciens, ni chez les journalistes, ni chez les experts qui défilent à la télé.

Comment ils ont réagi au discours de Macron

Je me suis bouché le nez, et j’ai écouté en différé une partie du monologue du président Macron. Ca ressemblait à la vidéo d’un otage qui s’adresse à ceux qui doivent payer une rançon pour qu’il soit libéré.

  • Jérémy Clément, gérant d’une entreprise en bâtiment et gilet jaune à Amilly, dans le Loiret (1) :

"les gens qui nous gouvernent ont plein de pouvoir, des avantages à n’en plus finir et ils nous traitent de fainéants"

« On l’a écouté jusqu’au bout mais partiellement. 

Je voulais remercier Emmanuel Macron d’avoir pris la parole beaucoup plus tôt qu’il ne l’aurait voulu, c’est quelque chose de bien pour nous. 

Si nous les petits campagnards, les bouseux, on est pas forcément à sa portée, il a décidé de s’adapter un peu et de perdre quelques minutes de son temps pour s’occuper de ce qui se passe dans le pays.

Aujourd’hui, vous nous parlez de réforme pendant une demi-heure à la télé en direct, sauf que vous avez oublié la réforme qui nous tient le plus à coeur à nous les gilets jaunes, c’est celle de réformer le gouvernement.

Aujourd’hui les gens qui nous gouvernent sont des gens qui ont plein de pouvoir, qui ont des avantages à n’en plus finir et qui vont nous traiter de fainéants quand on ose se plaindre et nous dire qu’on bouge pas nos fesses. Regardez monsieur le président, on bouge nos fesses! »


  • Filipe, à Saint-Etienne-du-Rouvray, en Seine-Maritime (1) :

« On en veut plus de ces paroles, c’est du somnifère »

« Ce que vous dites [Macron], on s’est endormis. On veut plus de ça, on en veut plus de ces paroles. C’est du somnifère. On a été endormis monsieur Macron.

Ok le geste est bien, de recevoir les gilets jaunes, mais qui sont ces gilets jaunes? », a-t-il dit, ajoutant ne pas reconnaître les huit porte-parole désignés lundi pour rencontrer le président pour exprimer les « doléances des citoyens » par le biais des « institutions ».

  • Jason Herbert, l’un des porte-paroles des gilets jaunes désignés lundi (1) :

Je n’ai pas été informé de la réunion avec François de Rugy. Je l’ai appris en même temps que tout le monde lors du discours.

Le discours d’Emmanuel Macron ne répond pas aux attentes des gilets jaunes.


Evidemment il faudra se donner le temps, voir ce que ça peut donner de façon concrète, mais pour l’heure ça reste juste des paroles, et les gilets jaunes restent mobilisés. Les trois mois de concertation ca va dans le bons sens [mais ce n’est pas] quelque chose d’assez fort dans le sens où il y a une urgence de la situation.

« Cette réponse est non pas une réponse d’émotion mais une réponse de réflexion, ce qui est une bonne chose, toujours est-il qu’il y a des choses à faire dans l’urgence, qui pour l’instant n’ont pas été proposées et ne sont pas concrétisées. »

  • Pierre-Gaël Laveder, manifestant à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire) (3) :

"On se fout de notre gueule"

« Macron n’a pas pris la mesure de ce qui se passe. Chaque annonce a été huée, et la première réaction a été : ‘On se fout de notre gueule’.

D’autres sont plus conciliants…

On ne peut pas passer le reste de notre vie sur des ronds points


  • La Bretonne Jacline Mouraud (3) :

« Il faut une trêve. Il y a des avancées, une porte ouverte. Maintenant il faut sortir de cette crise. On ne peut pas passer le reste de notre vie sur des ronds points».


  • À Somain, dans le Nord, les annonces du chef de l’Etat n’ont pas convaincu Johan (4) :

C’est des miettes !

« C’est des miettes. Il brasse de l’argent des pauvres pour les pauvres. Il y a beaucoup de boîtes qui ne paient plus les heures sup, qui demandent à les rattraper. On est loin de ce que les gilets jaunes demandent depuis le début. Il n’y a plus de confiance. Déjà, Emmanuel Macron l’avait perdue au début du mouvement, mais là, les gilets jaunes n’ont plus du tout confiance en lui… et la fracture est plus que consommée ».



Beaucoup de commerces ne retirent même plus leurs palissades en bois : suite ce samedi…


© Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

Sources :

(1) BFM TV
(2) RTL

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