Revue de presse - Peuple de France: Gilets Jaunes, la colère et le mépris

lundi 3 décembre 2018

Gilets Jaunes, la colère et le mépris

Le pouvoir macronien répond à cette vague de colère par la distance, le dénigrement, en un mot le mépris.
Le pouvoir macronien répond à cette vague de colère par la distance, le dénigrement, en un mot le mépris.

Après une nouvelle journée d’affrontements, le mouvement des Gilets jaunes semble s’enraciner dans le paysage de la fin 2018 en même temps qu’il prend une tournure plus sombre, plus déterminée aussi. La fatigue des semaines de mobilisation est, sous nos yeux, en train de se muer en une sourde colère dont les éclats n’en sont que plus durs.


Certes, comme dans tout mouvement dit social, les manifestants, désespérés de se faire entendre par un pouvoir méprisant, ont été rejoints par des extrémistes, black-blocks pour la plupart sans doute, dont le seul horizon est la destruction. Toutefois il s’agit de ne pas se tromper d’interprétation comme de lutte. Hors les dégâts commis par cette minorité qu’il convient d’interpeller et de juger, ce qui est en jeu aujourd’hui porte un nom : la dignité. Dignité de ceux qui travaillent mais voient leurs conditions de vie se dégrader. Dignité de ceux qui s’inquiètent pour leur avenir et celui de leurs enfants. Dignité de ceux qui ont contribué leur vie durant et dont la retraite s’amenuise toujours d’avantage. Les Gilets jaunes ne sont au fond rien de plus que des citoyens français qui demandent à l’exécutif de jouer son rôle suprême : protéger la nation. 

Le pouvoir macronien répond à cette vague de colère par la distance, le dénigrement, en un mot le mépris. Du haut de son Capitole, le Président-Jupiter en a décidé ainsi : ceux qui ne sont rien sont ceux qui n’ont rien compris. En matière de compréhension, d’écoute en réalité, c’est pourtant nos gouvernants qui se trompent. Quand les Gilets jaunes parlent fiscalité, pouvoir d’achat et avenir, les chevau-légers de la majorité présidentielle leur répondent écologie et ratio de rentabilité. Jusqu’à quand enfin Macron abuseras-tu de notre patience demanderait un moderne Cicéron devant une telle avanie. Une seule chose sort de ces scènes de violence commentées en boucle sur les chaînes d’information par des députés La République en Marche sidérés : le mépris. Ce sentiment c’est la marque indélébile du quinquennat d’Emmanuel Macron. Celui qui dès les débuts s’était mué en Pontifex Maximus du libéralisme, marqué par son idolâtrie pour une Allemagne dont il refuse toujours de voir les faiblesses structurelles, n’a eu de cesse de dénigrer les Français. Pardon, certains Français : le peuple. Nous nous souvenons tous que ceux qui ne sont rien n’ont qu’à traverser la rue pour trouver un emploi. Quand les ministres parlent d’une « insulte à la République », ils devraient se souvenir que c’est ce même peuple souverain qui les a portés où ils sont et qu’ils demeurent, qu’ils le veuillent ou non, ses serviteurs.

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