Peuple de France : Gilets Jaunes : «C’est pour la France que l’on se bat, pour être fiers et heureux d’y vivre »

lundi 10 décembre 2018

Gilets Jaunes : «C’est pour la France que l’on se bat, pour être fiers et heureux d’y vivre »

Les Gilets Jaunes se sont rassemblés, sans heurt important, samedi après-midi dans le centre-ville de Montpellier. L’occasion de donner la parole à plusieurs d’entre eux.
Les Gilets Jaunes se sont rassemblés, sans heurt important, samedi après-midi dans le centre-ville de Montpellier. L’occasion de donner la parole à plusieurs d’entre eux. 

De profils différents, qui livrent leurs difficultés, leurs attentes et leurs espoirs. Avec souvent de l’émotion dans les yeux, avec des mots simples ou plus réfléchis, d’un discours spontané ou rodé, seules, en couple ou en famille, ces personnes témoignent des aspirations d’un mouvement loin d’être une simple colère.


Un véritable appel à exister au sein d’une démocratie dans laquelle ils ne trouvent plus leur place. Du pouvoir d’achat à la révision des institutions, le désir de changement est important.

Raymond : « Nous avons tous les deux 56 ans. Je suis actuellement au chômage suite à des problèmes de santé et je vis avec 500 € par mois. Ma femme travaille à temps partiel pour 750 € par mois. On n’arrive plus du tout à subvenir au quotidien : se nourrir, se divertir, se soigner… J’ai des frais dentaires à faire mais je ne peux pas. La mutuelle me rembourse une partie mais le reste est trop important pour moi. Donc on ne peut pas y arriver ».

Les annonces espérées

Raymond : « On a toujours besoin de taxes mais qu’il les baisse pour redonner du pouvoir d’achat. Je ne trouve pas normal que l’on taxe les retraites en augmentant la CSG. Mon père était artisan, il n’a pratiquement pas de retraite pour vivre et il a toujours des frais comme tout le monde. Mes parents vont devoir vendre leur maison parce qu’ils n’y arrivent plus. Et surtout que l’on ait davantage de voix à l’Assemblée nationale. Que l’on puisse discuter et s’exprimer sur certaines lois ».

Christelle : « Que le pouvoir d’achat remonte. Et surtout que Macron s’exprime. On a l’impression qu’il nous a abandonné. Il est trop ironique. trop… Je ne sais pas comment le dire, je serai méchante. La colère arrive et après… On voudrait qu’il nous rassure. Il n’en est même pas capable, il se réfugie en envoyant ses petits chiens de garde devant, et c’est normal c’est leur boulot. On se sent vraiment isolés ».

Pascal : « Je demande à Monsieur Macron de faire des efforts pour ceux qui ne gagnent pas beaucoup, pour ceux qui travaillent pour rien. Car on travaille pour rien. Quand j’étais au chômage je gagnais 880 €. Aujourd’hui, je gagne 60 € de plus et je bosse. Et il y a beaucoup de gens comme ça. Sans parler des retraités que l’on ponctionne beaucoup. Les étudiants qui ne savent pas ce qu’ils vont faire quand ils sortiront de l’école. Il y a aussi la santé. Je suis déficient auditif à 50 % de chaque oreille. Un appareil vaut 1 200 €. J’ai réussi à en acheter deux. Il a parlé de rembourser la santé au niveau des yeux et des oreilles à 100 %, on attend toujours. Ce sont des priorités. »

Les espoirs dans le mouvement

Pascal : « Que l’on arrive à ce que tous les Gilets Jaunes veulent. Mais ce ne sera pas évident. On va déjà écouter ce qu’il va dire lundi. Mais je pense que cela ne va pas être bon. Et si ce n’est pas satisfaisant, il n’a qu’une solution, c’est partir ».

Florence, 40 ans, auxiliaire de puéricultrice en crèche : « Je suis là depuis le premier jour pour montrer à nos enfants que l’on doit travailler, que l’on ne doit pas faire l’aumône. Mais on veut vivre et pas survivre car on bosse tous les jours et on ne finit pas les fins de mois. On ne peut presque rien offrir à nos enfants et ce n’est pas possible ».

Djamel : « Des fois je me dis que c’est bizarre de peut-être avoir un mec à côté de moi qui pense l’inverse politiquement. Mais cela montre aussi l’importance de la colère. Et même si les gens ne sont pas forcément Gilets Jaunes ou ne sont pas pour les blocages ou les actions violentes, ils sont obligés de nous soutenir. C’est pour la France que l’on se bat, pour être fier et heureux d’y vivre ».

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