Peuple de France - Revue de presse française et internationale: "C'est ma rage, je ne crois plus au système": un gilet jaune devant le tribunal correctionnel de Bordeaux

mardi 25 décembre 2018

"C'est ma rage, je ne crois plus au système": un gilet jaune devant le tribunal correctionnel de Bordeaux

Son profil et sa colère presque désespérée envers la société ont désemparé le tribunal.
Son profil et sa colère presque désespérée envers la société ont désemparé le tribunal. 


Le jeune homme de 26 ans, dont presque 10 passés entre la rue et la prison, est accusé d'avoir fait brûler une poubelle de la Ville de Bordeaux et d'avoir lancé des projectiles sur les forces de l'ordre, ce samedi, lors d'affrontements en marge de la manifestation des Gilets jaunes.


La poubelle, il le reconnaît volontiers. Les projectiles, non. La violence, dit-il, il en a été la victime. "C'est moi qui ai pris un tir de flashball, dans le genou." Son ton est calme, son débit posé, il conteste fermement et a réponse à tout. 

Sur la poubelle brûlée, "Vous le referiez?" lui demande-t-on. "Je ne crois pas, pour ne pas revenir ici." La présidente du tribunal, appréciant la clarté des explications et de l'expression, insiste : "Pensez-vous servir le mouvement (des Gilets jaunes) en faisant cela ?" Il n'hésite qu'une poignée de secondes, puis "oui, je le maintiens, je le sers." Son parcours, il le reconnaît, est "chaotique. Je n'avais pas mes parents." Il a déjà été condamné plusieurs fois, pour vol, extorsion, abus de confiance ou encore détention de stupéfiants. Derrière son récit, "un appel à l'aide envers la justice" plaide son avocat et une émotion qui semble sincère, tout comme sa peur, palpable, de ne pas sortir d'une "spirale infernale."

En enfilant un gilet jaune, en se rendant aux rassemblements bordelais, le prévenu a trouvé un moyen d'exprimer sa rage contre un système auquel, dit-il, il ne croit plus. Si la procureure salue ses capacités de réflexion, elle requiert un an de prison...car c'est la deuxième fois qu'il est interpellé durant un rassemblement de gilets jaunes à Bordeaux. Le tribunal préfère lui proposer 35 heures de Travail d'Intérêt Général.

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