Revue de presse - Peuple de France: Montpellier : sous-effectif, violences... le ras-le-bol des infirmiers

mardi 20 novembre 2018

Montpellier : sous-effectif, violences... le ras-le-bol des infirmiers

Les difficultés de la profession se traduisent par un appel à la grève, ce mardi 20 novembre. À La Colombière, le malaise est palpable.
Les difficultés de la profession se traduisent par un appel à la grève, ce mardi 20 novembre. À La Colombière, le malaise est palpable.

"Je suis depuis huit ans au CHU et depuis quatre ans à l’unité de soins intensifs psychiatrie (Usip), et les conditions de travail s’aggravent toujours un peu plus, déplore Emmanuel Mariani. Quand je suis arrivé, les infirmiers étaient tout de suite stagiaires et passaient titulaires.
Aujourd’hui, il faut accepter tout et n’importe quoi pendant un an avant d’être titularisé." Selon le délégué CGT, le travail s’effectue désormais dans des conditions très difficiles. Plusieurs raisons expliqueraient cette dégradation.

Il y a d’abord le sous-effectif. "Normalement, on est cinq en service, dont trois infirmiers, un aide soignant et un ASH (agent des services hospitaliers). Mais en fait, on est souvent quatre, voire trois. Et on a même été deux ! En fait, c’est du bricolage…"

"Les départs ne sont pas tous remplacés, enchaîne Sandra, qui travaille depuis huit ans à l’unité d’accueil de La Colombière. On souffre réellement du manque de personnel. Une des conséquences, c’est l’augmentation des arrêts maladie longs et réguliers. Et l’avenir nous inquiète. On va quitter notre vieux pavillon minable pour un nouveau, mais on va aussi passer de 17 à 21 lits ! On pourra encore moins bien travailler qu’aujourd’hui, puisque seul un infirmier a été embauché. Il s’agit d’une personne, pas d’un poste supplémentaire !"

Débordé, le personnel se plaint aussi "d’agressions physiques de plus en plus fréquentes. Il y en a eu huit de septembre à novembre ! On ne se sent pas en sécurité au travail."

 "La violence est en recrudescence, précise Sandra. On parle d’arrachements, d’étranglements. Ils sont souvent le fait de gens hospitalisés contre leur gré et qui n’ont pas pris leurs médicaments. Quand j’ai commencé, il y a huit ans, des mesures adaptées étaient prises lorsqu’il y avait des violences. Ce n’est plus le cas aujourd’hui."

"On est très attachés à la fonction publique mais parfois, on se demande pourquoi on reste…"

Mais le pire aux yeux des agents, c’est "le manque d’écoute de la part de la direction, déplore Emmanuel Mariani. Ceux qui subissent beaucoup de pression souffrent en plus d’un manque de considération. On est rappelé chez nous, il y a un non-respect des jours de repos. Au CHSCT où je siège, on essaie de protéger les agents, mais on a l’impression de parler dans le vide. Si encore on était entendu…"

[...]

En savoir plus sur midilibre.fr


Sur le même thème lire aussi:



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Participer à la discussion

Articles à lire aussi

Faire un don à Peuple de France avec PayPal