Revue de presse - Peuple de France: La liberté d’expression mal en point

samedi 3 novembre 2018

La liberté d’expression mal en point

La liberté d’expression semble aujourd’hui bien malade. Et les symptômes sont de plus en plus inquiétants.
La liberté d’expression semble aujourd’hui bien malade. Et les symptômes sont de plus en plus inquiétants.

Pour commencer, si l’on s’en tient aux événements récents, il y a eu cette fameuse loi sur les Fake news. Avec toutes les conséquences évidentes que cela pose en matière de liberté d’expression. Mais je n’y reviendrai pas, car les articles ici sont nombreux à alerter sur les dangers de cette loi stupéfiante.

Il y a eu ensuite (je pourrais dire « aussi », car il n’y a pas d’ordre chronologique dans ce que je m’apprête à passer ici en revue) cette incroyable tentative de pathologiser les opinions que l’on croyait réservée à d’autres régimes politiques. On a peine à y croire…


Alors que l’on parle de fake news, je n’oublie pas non plus cette lamentable attaque indigne et insidieuse par son caractère manipulatoire contre la clause de conscience. Comment, à travers une manipulation grotesque et un piège tendu à un éminent médecin hautement compétent et investi, faire régner la terreur et décourager les vocations. Arguant du scandale, selon eux, de ce médecin ayant sauvé par ailleurs de nombreuses vies mais ayant cessé de pratiquer des avortements parce que cela heurtait sa conscience, des opposants pro-IVG n’ont rien trouvé de mieux que… de lancer une pétition demandant la radiation de ce médecin de l’Ordre des médecins.

Empêcher la liberté d’expression passe aussi par la violence ou par la loi. En lisant hier un très significatif article de Nicolas Perrin sur la bêtise au quotidien dans le domaine du contrôle des individus en France, au moins deux faits éloquents retiennent mon attention : l’agression de Robert Ménard (dont je n’avais absolument pas entendu parler) dont, là encore, on n’est pas obligé de partager les idées pour s’offusquer du peu de cas qui est fait de cette grave atteinte à la liberté d’expression (touchant ici à l’intégrité physique d’un homme qui veut exprimer des idées, dans un cadre démocratique). J’y ajoute cet intolérable propos de Delphine Batho, qui entend museler l’opposition en proposant d’inscrire dans la Constitution un principe de « non régression » revenant à interdire l’accession au pouvoir de toute entité politique qui n’aurait pas son assentiment personnel.

On a peine à y croire… Sommes-nous encore dans une démocratie ou se dirige-t-on, avec des personnes comme celle-là, tout doucement vers une dictature où on élimine par la loi, ou carrément ici la Constitution, les opposants politiques dont les idées ne vous plaisent pas ? (Décidément, la conception politique de certaines personnes de Gauche en particulier demeure toujours aussi inquiétante).

LA LIBERTÉ D’EXPRESSION DANS LES MÉDIAS

On poursuit avec ces intellectuels ou journalistes de plus en plus nombreux à être écartés des médias car ils n’ont pas l’heur de plaire plus haut (à leur direction ? aux différents pouvoirs de pression ? au pouvoir en place ? au politiquement correct ?).

Ainsi en va-t-il d’Éric Zemmour, écarté de la plupart des médias où il intervenait encore, de Michel Onfray dont a pu constater également l’acharnement particulier dont il était l’objet. Deux intellectuels qui ont beau avoir des idées assez opposées aux miennes, que j’ai néanmoins plaisir à entendre s’exprimer, dont j’admire les connaissances et dont je considère très important qu’ils puissent représenter certaines idées dont on a une fâcheuse tendance à vouloir les étouffer.

Ou encore ce remarquable Frédéric Taddeï, dont nous sommes nombreux à apprécier le style journalistique et sa capacité à la fois à organiser des débats généralement assez équilibrés et à s’effacer discrètement pour laisser s’exprimer ses interlocuteurs sans les interrompre toutes les quinze secondes, comme savent si bien le faire les journalistes si nombreux qui ne souhaitent pas perdre leur rôle de vedette. Écarté de France Télévisions, quel paradoxe de le voir officier sur une chaîne russe dont on a beau jeu d’insinuer et de critiquer le contrôle par le Kremlin, alors même qu’il s’y exprime et choisit ses invités en toute indépendance et apparemment sans restriction…

LA LIBERTÉ D’EXPRESSION EN MATIÈRE D’ÉCOLOGIE

Mais je n’oublie pas non plus la question sensible de l’écologie, pour laquelle on lave aujourd’hui le cerveau de nos enfants dès la maternelle. Et je me demande régulièrement ce qu’est devenu ce sympathique présentateur de la météo sur France 2, Philippe Verdier, disparu subrepticement des écrans pour avoir commis un livre dans lequel il faisait simplement part de mesure ou de quelques doutes quant aux théories actuelles sur le réchauffement de la planète. Il y aurait beaucoup à dire. Mais, pour l’heure, je ne m’étendrai pas davantage car, là encore, il existe profusion d’articles et de points de vue sur ce site, que vous connaissez bien si vous en êtes un fidèle lecteur (et que je vous invite à consulter pour les autres).

Je n’oublie pas non plus toutes les formes de violence qui visent à imposer ses idées par la force, autre symptôme d’une société en déliquescence où l’intolérance des uns mène à des dérives intolérables envers les autres, sous prétexte de liberté d’expression ou, à l’inverse, de présomption de non liberté d’expression de la part de personnes qui n’ont que faire, en réalité là encore, de la liberté de conscience des autres et cherchent à imposer à tout prix leur propre point de vue.

UN SUJET INTARISSABLE

Cela fait un moment que je souhaitais écrire un article sur le présent sujet. Chaque jour, pratiquement, je bous intérieurement à la vue de telle ou telle atteinte à la liberté d’expression ici ou ailleurs. Mais il est évident que si j’ai pris ponctuellement la plume (ou le clavier) ce matin, je n’ai pu retracer qu’une toute petite partie de ce que j’ai pu voir ou ressentir jour après jour. Le sujet est, hélas, intarissable. Et bien sûr qu’en écrivant rapidement j’ai oublié des tas de choses, n’évoquant que ce qui me revenait instantanément à l’esprit.

J’aurais pu poursuivre avec l’Éducation nationale, la Justice, la Justice, la religion bien sûr, la politique, le débat scientifique, ou des tas d’autres domaines. Mais j’aurai certainement l’occasion d’y revenir, comme je le fais régulièrement de toute façon à travers la plupart de mes articles, ou ceux que j’ai déjà pu écrire sur le même sujet.

[...]

En savoir plus sur contrepoints.org

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