Revue de presse - Peuple de France: Le gouvernement s'offre un clip de propagande pour les européennes financé par l'argent public

samedi 3 novembre 2018

Le gouvernement s'offre un clip de propagande pour les européennes financé par l'argent public

La vidéo visant à inciter les citoyens à voter pour les élections européennes ressemble furieusement à un plaidoyer pour La République en marche. Les oppositions de gauche et de droite s'insurgent contre le procédé.
La vidéo visant à inciter les citoyens à voter pour les élections européennes ressemble furieusement à un plaidoyer pour La République en marche. Les oppositions de gauche et de droite s'insurgent contre le procédé.

De la part d'un gouvernement qui ne cesse de se présenter comme le dernier rempart de la démocratie libérale face aux dangereux "populismes", le procédé ne manque pas de sel. L'exécutif a mis en ligne ce vendredi 26 octobre un court clip vidéo (30 secondes), censé inciter les citoyens français à se déplacer aux urnes en mai 2019 à l'occasion des élections européennes.
Jusqu'ici, rien que de très normal : à chaque scrutin, l'Etat fait circuler une vidéo officielle pour que la participation démocratique soit la plus large possible.



Mais le visionnage du clip de cette année interpelle. L'impératif de neutralité exigé par le caractère officiel et apolitique de la vidéo n'est pas respecté. La séquence s'ouvre sur une musique grandiloquente, destinée à provoquer l'angoisse. S'enchaînent, très rapidement, des images de migrants traversant la Méditerranée pour franchir les frontières européennes. Un texte s'affiche : "Immigration : maîtriser ou subir ?" C'est le début d'une succession d'alternatives binaires, entrecoupées d'images chocs. "Climat : agir ou ignorer ?" ; "Emploi : partenaires ou concurrents ?"... Avant une séquence finale marquante : on y aperçoit Matteo Salvini, cadre du gouvernement italien et membre de la Ligue, ainsi que Viktor Orban, Premier ministre très droitier de la Hongrie, tous deux mis en scène de manière menaçante. Le texte qui couronne ces deux figures du "populisme" de droite est clair : "Europe : union ou division ?" Le clip s'achève sur cette adresse : "En mai 2019, l'Europe changera. A vous de décider dans quel sens."

Le clip de 2018 a déclenché les réactions outrées des oppositions de tous bords. Marine Le Pen condamne ainsi un procédé "totalement illégal", jugeant qu'Emmanuel Macron fait financer la campagne de LREM par l'Etat. Thierry Mariani, membre du parti Les Républicains (LR) mais proche du Rassemblement national (RN), cingle de "la propagande avec de gros sabots". Plus à gauche, Rachid Temal, du Parti socialiste (PS), déclare que le spot gouvernemental est "la reprise texto des propos de M. Macron", celui-ci essayant de "nous faire croire qu’il n’y aurait qu’une option, la sienne". Génération.s, le mouvement de Benoît Hamon, va même jusqu'à porter l'affaire devant le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) et la Commission des comptes de campagne : un courrier a été adressé à ces deux instances, dénonçant des "vidéos partisanes de La République en marche financées sur fonds publics". Si Emmanuel Macron voulait passer avec ce clip pour le champion de la démocratie libérale, c'est raté.

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