Revue de presse - Peuple de France: Gilets jaunes : le succès de cette France que ses élites ont trahie

lundi 19 novembre 2018

Gilets jaunes : le succès de cette France que ses élites ont trahie

Le mouvement de protestation du 17 novembre a été une double réussite, avec une mobilisation de masse, malgré l'absence de relais spécifique dans les corps intermédiaires, et une répartition des blocages sur l'ensemble du territoire.
Le mouvement de protestation du 17 novembre a été une double réussite, avec une mobilisation de masse, malgré l'absence de relais spécifique dans les corps intermédiaires, et une répartition des blocages sur l'ensemble du territoire.

Atlantico : Au lendemain du 17 novembre, peut-on penser que cette première expression du mouvement des « Gilets Jaunes » est un succès ?


Christophe Boutin : On pouvait s’attendre à un succès de cette journée de mobilisation des « Gilets jaunes », puisque les sondages rappelaient la veille que 74% des Français, les ¾, trouvaient le mouvement « justifié », parmi lesquels  46%, presque un Français sur deux,le trouvaient « tout à fait justifié », et qu’un tiers de ces derniers prévoyaient d’y participer. Et effectivement, cela a été une double réussite pour les organisateurs… et pour les participants, puisque c’étaient souvent les mêmes avec ce mouvement parti de rien.

Première réussite, l’ampleur de la mobilisation, 300.000 personnes ayant directement participé aux blocages selon un ministère de l’Intérieur dont on peut penser qu’il minore les chiffres – objectivement effectivement très difficiles à rassembler au vu du nombre des points de blocage et de la fluctuation de la participation à ces points au long de la journée. À titre de comparaison, les manifestations du 1er mai 2018 rassemblaient entre 145.000 et 200.000 personnes dans toute la France – et sans doute plus près de l’estimation basse, faite par une société de comptage indépendante, que de la haute, faite par les syndicats - ; la « fête à Macron », toujours en mai 2018, en avait rassemblé 40.000 ; et le « Jour de colère » dirigé contre Hollande en 2014 avait rassemblé à Paris 17.000 personnes selon l’Intérieur et 120.000 selon les organisateurs. Pour un mouvement spontané, ne disposant d’aucun relais spécifique dans les corps intermédiaires – syndicats ou partis politiques – habitués à mettre en œuvre de telles manifestations, cette mobilisation, largement due aux réseaux sociaux, est donc une première réussite.

La seconde réussite est le nombre de points de blocage et leur répartition sur l’ensemble du territoire. On était dans le vague jusqu’au denier moment, puisqu’un grand nombre de ces manifestations-blocages n’avaient pas été signalées aux préfectures concernées, une centaine seulement étant déclarées dans les formes. Se basant sur les remontées du terrain, l’Intérieur envisageait 1.500 rassemblements ou blocages, ce sont 2.000 qui ont finalement été relevés. Des points de blocage très divers : on aura noté une mobilisation forte dans certaines villes de province comme Caen ou Dijon, des rassemblements dans le cœur de certaines pour chanter la Marseillaise (Bordeaux), mais aussi des blocages nettement plus réduits à proximité de petites localités rurales. Soucieux de protéger la capitale, le ministère de l’Intérieur y avait concentré des unités qui ont empêché aux manifestants les approches du palais de l’Élysée et ont évité les abcès de fixation sur la place de la Concorde ou les Champs-Élysées.

[...]

Ce que va devenir ce mouvement, nous ne le savons pas encore. Certains parlent de continuer les blocages, d’autres de s’allier à des manifestations prévues dans les prochains jours, celles des motards, des chauffeurs-routiers, des infirmières… Celles de cette France qui travaille dans des conditions toujours plus difficiles et qui se retrouve dans la même crainte du déclassement social et de la disparition culturelle. Celle qui, sous les divers noms qu’il lui donne, « conservatrice », « nationaliste » ou « populiste » risque en tout cas de se retrouver demain encore dressée face au « progressisme » d’Emmanuel Macron.

Entretien complet dans atlantico.fr



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