Revue de presse - Peuple de France: Emmanuel Macron: «le français s'est émancipé de son lien avec la nation française»

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vendredi 12 octobre 2018

Emmanuel Macron: «le français s'est émancipé de son lien avec la nation française»

En déplacement à Erevan, capitale de l'Arménie, où se tient le 17e Sommet de la francophonie, le président de la République a défendu une vision plurielle de la langue française. «Trop institutionnelle» selon lui, il plaide pour sa réinvention.
En déplacement à Erevan, capitale de l'Arménie, où se tient le 17e Sommet de la francophonie, le président de la République a défendu une vision plurielle de la langue française. «Trop institutionnelle» selon lui, il plaide pour sa réinvention.

«L'Arménie, pour la France et toute la francophonie, c'était aussi une voix. Une voix qui vient de s'éteindre et qui plonge nos pays dans la tristesse et le deuil.» Après avoir rendu hommage à Charles Aznavour, Emmanuel Macron a poursuivi sa campagne de défense de la francophonie, lors du Sommet de la francophonie à Erevan, capitale de l'Arménie.

«La langue française n'appartient à aucun d'entre nous mais est la propriété de tous. Elle s'est émancipée de son lien avec la nation française pour accueillir tous les imaginaires», a plaidé le président. En citant les noms de Senghor, de Ionesco ou encore, de Milan Kundera, Emmanuel Macron a affirmé que «notre communauté linguistique est un être vivant qui s'enrichit de nouveaux sens», se faisant le héraut d'une vision plurilinguiste de la défense du français. «Quand je parle de langue française, je parle de nos langues françaises. Son épicentre n'est ni à droite ni à gauche de la Seine. Il est sans doute dans le bassin du fleuve Congo ou quelque part dans la région.» Une déclaration qui se lit dans la droite lignée de son discours énoncé à Ouagadougou, il y a un an.

«La francophonie doit être ce lieu du ressaisissement collectif contemporain» et «un espace de valeurs», a continué le président. En priorité, l'importance de l'éducation. «La population de l'espace francophone est jeune. Lui proposer un avenir par l'éducation, la formation professionnelle, l'emploi, l'engagement dans la cité, la culture, c'est notre défi principal», a-t-il expliqué. «Le premier combat de la francophonie dans les années à venir, c'est particulièrement la jeunesse en Afrique.» Il souligne l'importance du combat à mener «pour déployer notre langue, nos langues, mais aussi le combat contre l'obscurantisme, les mariages forcés, le combat contre l'oppression faite aux femmes, pour l'éducation des jeunes filles.»

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