Revue de presse - Peuple de France: Pour Franceinfo, l’agression de Créteil « n’est pas représentative des violences scolaires »

mercredi 24 octobre 2018

Pour Franceinfo, l’agression de Créteil « n’est pas représentative des violences scolaires »

Le deux poids deux mesures frappe encore...
Le deux poids deux mesures frappe encore...


Gabrielle Cluzel dénonçait, récemment, le « deux poids deux mesures », notamment dans le traitement de l’information. Franceinfo nous en donne un nouvel exemple. Après avoir titré, avant-hier, « Agressions homophobes : “Il y a vraiment urgence absolue à renforcer l’arsenal juridique et pénal” », elle publiait, lundi, une chronique intitulée « ‘Un incident dramatique mais exceptionnel’ : pourquoi l’agression d’une professeure à Créteil n’est pas représentative des violences scolaires. »Dramatisation d’un côté, minimisation de l’autre, le parti pris est évident.

Que l’acte en lui-même (une enseignante mise en joue dans sa classe par un élève) ne se produise pas tous les jours, soit. Et c’est heureux. Mais tout l’article est rédigé de telle manière qu’on a l’impression que les enseignants montent en épingle un fait divers « exceptionnel », « isolé », à seule fin de pouvoir se plaindre de violences, sinon imaginaires (fantasmées ?), du moins largement exagérées.

Ainsi, la journaliste explique que « la violence scolaire est mesurée depuis 2007 via une enquête annuelle [qui] permet aux chefs d’établissement de faire remonter les incidents graves. Entre 2007 et 2017, […] leur nombre a peu évolué. » Présentée comme scientifique, cette « enquête » est, en réalité, incomplète (puisqu’elle concerne seulement les « incidents graves »), imprécise (l’appréciation de la gravité d’un acte étant forcément subjective), voire biaisée (principaux et proviseurs ayant naturellement tout intérêt à donner une bonne image de leur établissement à leur hiérarchie).

Concernant les violences homophobes, franceinfo est toutefois encore moins regardante sur les données statistiques, se contentant de la parole de Marion Chatelin (journaliste au magazine LGBT+ Têtu), laquelle, péremptoire, affirme, sans fournir aucun chiffre, qu’« il y a une augmentation et un ancrage des agressions homophobes dans la société ».

Plus grave, cette odieuse attaque, à peine voilée, contre le professeur agressé à Créteil, et qui insinue que les enseignants sont responsables des débordements qu’ils subissent : « Dans l’affaire du lycée Édouard-Branly, le fait que l’enseignante ait attendu le lendemain pour aller porter plainte […] a été taxé de “laxisme”. » Le 21 septembre dernier, franceinfo se fendait pourtant d’un article intitulé « Des milliers de victimes de harcèlement ou d’agressions sexuelles expliquent à Trump “pourquoi elles n’ont pas porté plainte” ». Mais ce professeur n’avait, lui, visiblement aucune raison de ne pas porter plainte immédiatement. Le traumatisme que peut subir un enseignant agressé, menacé ou harcelé n’est même pas évoqué.

Autre différence de traitement : le recours, ou non, à l’émotion du témoignage direct. « Marion Chatelin, précise franceinfo comme un gage de sérieux, a elle-même été victime d’une agression homophobe l’été dernier […]. Elle raconte. » Et franceinfo de raconter longuement. Aucun enseignant, en revanche, n’a été interrogé.

Vous vous rappelez sans doute comme Muriel Robin a mouché Charles Consigny pour défendre « Marco » (Fogiel) qui étalait sa GPA sur le plateau d’« On n’est pas couché » : « On ne peut pas dire : “On s’en fout, de votre cas personnel.” Il est allé sur le terrain, il en sait mieux que vous, plus que vous sur le sujet. » On pourrait peut-être demander à l’humoriste acariâtre d’expliquer au journal à sensibilité variable que les profs aussi ont une expérience personnelle de terrain qu’on pourrait écouter ?

Christine Célérier pour bvoltaire.fr

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