Revue de presse - Peuple de France: Après le meurtre d’un sapeur-pompier, le coup de gueule d’un général contre la haine

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lundi 17 septembre 2018

Après le meurtre d’un sapeur-pompier, le coup de gueule d’un général contre la haine

Ce coup de gueule d’un général, qui sait de quoi il parle, devrait faire réfléchir nos gouvernants. Et surtout les faire agir. Vite.
Ce coup de gueule d’un général, qui sait de quoi il parle, devrait faire réfléchir nos gouvernants. Et surtout les faire agir. Vite.

« Une société qui ne protège pas ses anges gardiens est vraiment malade. » En principe, c’est les anges gardiens qui protègent, rétorquera-t-on. C’est, pourtant, ce qu’un général de l’armée française vient d’écrire. En l’occurrence, il s’agit du général Jean-Claude Gallet, commandant la brigade des sapeurs-pompiers de Paris.
Âgé de 53 ans, ce saint-cyrien est un authentique soldat du feu qui a servi à tous les grades et échelons dans cette formation prestigieuse : de lieutenant à général, de chef de garde à patron de la brigade. Une unité aimée, à juste titre, des Parisiens : près de 1.500 interventions par jour, plus de 27.000 vies sauvées chaque année.

Suite au meurtre du sapeur de 1e classe Geoffroy Henry, le 4 septembre dernier, à Villeneuve-Saint-Georges, poignardé par une personne atteinte de schizophrénie, le général Gallet a fait part de son indignation dans un mail adressé à tous ses subordonnés. Une lettre diffusée en interne de l’institution. Mais lorsqu’on écrit à plusieurs milliers de personnes, autant dire qu’on sait très bien que cela sortira du cercle restreint. Dans ce courriel, ce haut responsable ne mâche pas ses mots, pointant du doigt « la faible communication entre les acteurs de l’urgence qui fonctionnent avec des schémas éculés qui n’ont plus lieu d’être ». Ça, c’est pour l’aspect technique.

Mais le général va au-delà des dysfonctionnements, en déclarant que « le sapeur-pompier de Paris […] n’est pas là pour être le punching-ball d’une violence irrationnelle, voire d’une haine ». Et s’il fait part de sa « tristesse », il clame aussi sa « colère » et son « indignation ». Si la tristesse est évidente, de la part d’un chef qui vient de perdre l’un de ses hommes, faire part de sa colère et de son indignation est moins courant. Le préfet de police de Paris, autorité de tutelle de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris, s’était, lui, contenté de faire part de sa « profonde tristesse » et de « son soutien le plus total dans cette terrible épreuve ». Ce qui était la moindre des choses. Mais « indignation », « colère », c’est autrement plus fort. En colère contre qui, contre quoi ? Le général Gallet affirme, par ailleurs, vouloir « faire le tour des instances judiciaires pour mettre en place une véritable politique de tolérance zéro afin d’enrayer la hausse sans fin des violences gratuites qui visent les secours ». Des propos qui vont à l’encontre de ceux, lénifiants, du ministre de l’Intérieur qui ne cesse de vanter le prétendu recul de la criminalité et de la délinquance dans notre pays.

Mais cette lutte contre la « violence irrationnelle » et la « haine », semble-t-il, n’est pas une « grande cause nationale » de ce quinquennat. Pas assez « fun », peut-être ! Philippe Bilger, dans ces colonnes, évoquait samedi, à juste titre, la situation ubuesque vers laquelle nous allons tout droit : lorsqu’il faudra mettre un policier derrière chaque pompier. À l’étape suivante, un militaire derrière chaque policier ? Les anges gardiens sont là pour protéger notre société. Pour essayer d’éviter l’enfer aux hommes. Mais lorsque la société est aux mains d’apprentis sorciers depuis des décennies… 

Ce coup de gueule d’un général, qui sait de quoi il parle, devrait faire réfléchir nos gouvernants. Et surtout les faire agir. Vite.

Georges Michel pour bvoltaire.fr


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