Revue de presse - Peuple de France: Macron prend vraiment les retraités pour des débiles

vendredi 28 septembre 2018

Macron prend vraiment les retraités pour des débiles

Le chef de l’État veut donner l’impression de prendre soudainement conscience de la réalité de la situation dans laquelle vivent les retraités. Les sondages en chute libre du locataire de l’Élysée n’y sont sans doute pas étrangers.
Le chef de l’État veut donner l’impression de prendre soudainement conscience de la réalité de la situation dans laquelle vivent les retraités. Les sondages en chute libre du locataire de l’Élysée n’y sont sans doute pas étrangers.

« Arrêtez d’emmerder les retraités ». L’injonction jupitérienne lâchée par Macron à ses collaborateurs a de quoi surprendre. Non parce qu’elle rappelle aux plus anciens la célèbre sortie de Georges Pompidou qui, s’adressant à son Premier ministre de l’époque, un certain Jacques Chirac, lui lança :
« Arrêtez d’emmerder les Français. Il y a trop de lois, trop de textes, trop de règlements dans ce pays ! On en crève ! Laissez-les vivre ! ». Mais parce que le chef de l’État veut donner l’impression de prendre soudainement conscience de la réalité de la situation dans laquelle vivent les retraités. Les sondages en chute libre du locataire de l’Élysée n’y sont sans doute pas étrangers.

En cette rentrée 2018, Macron, à qui tout avait réussi jusqu’à présent, semble avoir perdu la main. Le joueur de bonneteau a été pris la main dans le sac à magouilles avec l’affaire de son sulfureux collaborateur, Alexandre Benalla, dont l’audition par la commission d’enquête sénatoriale n’a pas permis de définir le rôle exact.

Alors que chaque semaine apportait son lot de révélations, toutes plus surprenantes les unes que les autres, l’Élysée était à nouveau ciblé en la personne de son secrétaire général, le discret Alexis Kohler, bras droit de Macron, soupçonné de prise illégale d’intérêts du fait de ses liens familiaux avec le groupe Suisse MSC, principal client de la société STX propriétaire des chantiers de Saint-Nazaire.
Puis, ce fut la démission surprise de Nicolas Hulot, annoncée un beau matin à la radio par le ministre de l’Écologie lui-même, qui prit tout le monde de court. Dans la foulée, si l’on ose dire, le ministre des Sports, Laura Flessel, en profita pour quitter le navire, rattrapé par ses démêlés avec le fisc. Et ce n’est pas fini ! Le 22 août, un article du Canard enchaîné accusait Françoise Nyssen, le très progressiste ministre de la Culture, d’avoir réalisé des travaux d’agrandissement des locaux parisiens de sa maison d’édition, « Actes Sud », sans permis de construire.

Cela commence à faire beaucoup pour les Français, en particulier pour les retraités qui avaient massivement voté pour un candidat qui leur promettait une République exemplaire. Car non seulement le changement vertueux annoncé n’était pas au rendez-vous de leurs attentes, mais en plus toutes les mesures gouvernementales les concernant leur étaient défavorables.

Perte de pouvoir d’achat

À la hausse de la CSG de 1,7 %, qui touche plus de la moitié d’entre eux, est venue s’ajouter la limitation de la revalorisation des retraites à 0,3 % en 2019 et 2020, alors même que l’inflation atteindra cette année 2,3 %. Ce qui se traduit par une perte importante de pouvoir d’achat pour des pensions qui n’ont rien de mirifique.

L’espoir des retraités dans ce président jeune a été d’autant plus déçu qu’ils avaient l’impression d’avoir déjà beaucoup donné lors des deux précédents quinquennats. En 2008, ce fut la disparition progressive de la demi-part fiscale des veuves. En 2012, on fiscalisa la majoration de pension accordée aux parents ayant élevé trois enfants. Conséquence immédiate : des centaines de milliers de petits retraités se retrouvaient imposables. De ce fait, ils perdaient certaines réductions en matière de CSG et d’impôts locaux. En 2014, leur pension de retraite était rognée de 0,3 % avec la contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie (CASA) présentée comme une mesure d’égalité pour aligner le sort des retraités sur celui des actifs, astreints à une « journée de solidarité » pour financer la prise en charge de la dépendance.

En revanche, au nom de la « solidarité intergénérationnelle », les retraités n’ont bénéficié d’aucune contrepartie. Ils n’ont eu droit ni à une baisse des cotisations ni à des mesures spécifiques leur permettant de préserver leur pouvoir d’achat, comme les fonctionnaires. Il est vrai que ce pouvoir, comme le précédent d’ailleurs, voulait faire passer les retraités pour des privilégiés, des nantis.
Un pouvoir d’achat en baisse. Des dépenses énergétiques en hausse, avec un prix du pétrole qui s’envole. On comprend la colère des retraités contre le gouvernement… et la chute continuelle de popularité de Macron qui s’établit à 29 % seulement d’opinions favorables dans le dernier sondage de l’IFOP pour le Journal du dimanche.

Mais l’exaspération des aînés ne s’arrête pas uniquement à ces mesures d’ordre purement consumériste. La France comptait 16 millions de retraités en 2017, soit le quart de sa population. Combien d’entre eux n’ont pas d’ordinateur ou ne savent pas s’en servir ? Or, de nos jours, l’outil informatique est devenu indispensable. Déclarer ses revenus et payer ses impôts se fait désormais obligatoirement en ligne… sous menace de sanctions pécuniaires. Adieu, le bon vieux chèque bancaire si vos impôts locaux dépassent la somme de 1 000 euros, qui sera réduite à 300 en 2019. « Arrêter d’emmerder les retraités », c’est aussi cesser de multiplier les tracasseries administratives. À bon entendeur, salut !

Alain MARSAUGUY pour ripostelaique.com

Sur le même thème: 



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Participer à la discussion

Articles à lire aussi

Faire un don à Peuple de France avec PayPal