Revue de presse - Peuple de France: Le Courbat : Le burn-out des forces de l’ordre

dimanche 16 septembre 2018

Le Courbat : Le burn-out des forces de l’ordre

Le Courbat, vous n’en avez probablement jamais entendu parler et pourtant ! Il abrite des policiers, des gendarmes, des militaires et même des civils travaillant pour la sécurité. Le Courbat est situé en Touraine et il accueille environ 60 patients chaque mois. Dans le milieu des forces de l’ordre, quand on se rend dans ce centre de santé mentale et physique, on appelle cela « Partir faire un stage de voile ».
Le Courbat, vous n’en avez probablement jamais entendu parler et pourtant ! Il abrite des policiers, des gendarmes, des militaires et même des civils travaillant pour la sécurité. Le Courbat est situé en Touraine et il accueille environ 60 patients chaque mois. Dans le milieu des forces de l’ordre, quand on se rend dans ce centre de santé mentale et physique, on appelle cela « Partir faire un stage de voile ».

Ces membres des forces de l’ordre sont tous des victimes de ce qu’on nomme communément « un burn-out » et plus simplement un « stress post-traumatique ».


Ce sont des hommes totalement « lessivés » par les missions qui leur sont confiées, des hommes qui n’en peuvent plus de « serrer les dents », qui n’en peuvent plus de se sentir stigmatisés, montrés du doigt, surveillés, accusés.

Ils viennent donc tenter de se reconstruire, de soigner leur dépression, leurs troubles psychiques, et cela à l’aide de thérapies et d’activité physique afin d’essayer de remonter la pente.

Pour tous ces patients, qui viennent des forces de l’ordre assurant notre sécurité, le physique est très important et cela explique la présence d’un médecin du sport, d’un éducateur physique, d’un ostéopathe.

L’emploi de médicaments est limité au minimum.

Ils viennent au Courbat soit par choix volontaire, soit imposé par leur hiérarchie, soit sur la demande d’une épouse, d’un proche, parce qu’il s’agit souvent d’une solution de dernière chance avant le drame.

Les séjours oscillent entre un et deux mois.

Des témoignages sont recueillis :

La politique du chiffre est une pression permanente.

On fait dire ce qu’on veut aux chiffres.

On est obligé quelquefois de modifier les procédures pour faire baisser les statistiques : par exemple un vol dans une voiture est maquillé en dégradation de véhicule.

J’ai vu une collègue se faire agresser violemment et j’ai eu peur de la défendre en tirant.

Un dealer m’a tiré dessus et je n’ai pas osé sortir mon arme de service pour ne pas être accusé.

Un éducateur physique explique : « L’esprit va bien si le corps va bien ». Il pousse ses patients à réaliser des efforts de plus en plus difficiles, il les amène à la revalorisation de soi. Certains patients très sportifs arrivent ici incapables du moindre effort. Il faut leur faire retrouver l’estime de soi. »

A 16 h 30, tous se regroupent devant le drapeau français et répondent « Présent » à l’appel de leur nom. Répondre « Présent » est un symbole.

La moyenne d’âge des patients est de 40 ans, c’est trop tard. A cet âge ils ont déjà beaucoup « morflé ».

Celui-ci a été durant 20 ans affecté au 93, chef de la Brigade anti-criminalité : « J’ai été confronté à des horreurs, des viols, des agressions sexuelles, c’était très dur. J’ai eu la médaille du courage lorsque j’ai sorti des ouvriers d’un restaurant en flammes à Bondy, mais mon choix le plus courageux a été de venir au Courbat.

Depuis début 2018, 22 policiers et 20 gendarmes ont mis fin à leurs jours.

Peut-être n’ont-ils pas eu ce même courage !

Manuel Gomez

Sur le même thème:

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Participer à la discussion

Articles à lire aussi

Faire un don à Peuple de France avec PayPal