Revue de presse - Peuple de France: Selon une étude, le chômage pourrait provoquer la mort de 10 000 à 15 000 personnes par an

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jeudi 20 septembre 2018

Selon une étude, le chômage pourrait provoquer la mort de 10 000 à 15 000 personnes par an

Stress, perte de sommeil, problèmes cardiovasculaires, addictions, diabète, dépression... Perdre son travail et avoir du mal à en retrouver nuit gravement à la santé, mais celle des chômeurs reste un sujet tabou en France.
Un problème largement sous-évalué.

Stress, perte de sommeil, problèmes cardiovasculaires, addictions, diabète, dépression... Perdre son travail et avoir du mal à en retrouver nuit gravement à la santé, mais celle des chômeurs reste un sujet tabou en France. « On a imposé de rouler à 80 km/h pour éviter 400 morts par an - c'est très bien -, mais là on parle de 10 000 à 15 000 morts par an ! Et qu'est-ce qu'on fait ? » tempête Michel Debout, professeur de médecine légale et psychiatre, auteur du livre Le Traumatisme du chômage. Vertigineux, le chiffre de 10 000 à 14 000 décès imputables au chômage est issu d'une étude réalisée par Pierre Meneton, chercheur à l'Inserm, publiée en 2015. 

Cette étude montre que « vous avez trois fois plus de risques de décéder si vous êtes chômeur », rappelle-t-il. Comme le souligne l'association Solidarités nouvelles face au chômage (SNC) dans un rapport publié jeudi et que l'Agence France-Presse s'est procuré, le sujet de la santé des chômeurs est « sous-estimé collectivement » et continue de faire l'objet de très peu d'études scientifiques.

Madeleine Cord, qui coordonne le réseau de psychologues de l'association SNC, connaît bien les souffrances psychologiques des chômeurs. Elle a décidé de lancer le réseau le jour où une demandeuse d'emploi lui a dit : « À 9 heures du matin, j'ai dit au revoir à mon fils et je lui ai dit qu'il ne va peut-être plus me revoir ce soir. » « Au moment du chômage, les fragilités remontent à la surface », explique-t-elle, avec « isolement » et « sentiment de dévalorisation ». « L'une des incidences les plus importantes, ce sont les addictions », souligne-t-elle. Elle plaide pour que la souffrance psychique liée au chômage soit introduite dans la formation des professionnels de santé et du personnel de Pôle emploi.

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