Revue de presse - Peuple de France: Affaire Benalla et arrogance de l’équipe Macron

www.peupledefrance.com

Recherche sur le web

mardi 18 septembre 2018

Affaire Benalla et arrogance de l’équipe Macron

Cette façon de mépriser le parlement – et, de façon générale, de tenter de museler tous les contre-pouvoirs – est le meilleur moyen d’exaspérer l’opinion publique. La popularité de M. Macron est en chute libre. Avec une telle stratégie et une telle arrogance, il est peu probable que cela change prochainement !
Cette façon de mépriser le parlement – et, de façon générale, de tenter de museler tous les contre-pouvoirs – est le meilleur moyen d’exaspérer l’opinion publique. La popularité de M. Macron est en chute libre. Avec une telle stratégie et une telle arrogance, il est peu probable que cela change prochainement !

Depuis ma première lecture de Montesquieu, j’ai toujours été assez dubitatif sur la séparation des pouvoirs, supposée condition nécessaire et suffisante des libertés civiques.


Qu’elle soit une condition nécessaire est évidemment faux, puisque la monarchie était, selon le mot de Michelet (qui n’était certes pas un grand soutien de la Contre-Révolution !), un pays « hérissé de libertés ».

Qu’elle ne soit pas non plus une condition suffisante est amplement démontré par la pratique politique actuelle : nos libertés sont sans cesse plus attaquées, sans que la séparation des pouvoirs ait été touchée.

Pour préserver nos libertés, je crois beaucoup plus à l’équilibre des pouvoirs qu’à leur séparation.

Car, qu’on le veuille ou non, il y a toujours un souverain qui décide en dernier ressort.

Dans notre mythologie républicaine, il s’agit du peuple. Mais, au nom du peuple et de sa souveraineté, que de violations des droits n’a-t-on pas observées depuis plus de 200 ans ?

Bref, je ne suis pas spécialement sensible à la rhétorique si fréquente dans les couloirs du parlement, où l’on entend souvent évoquer, avec un air sourcilleux, la séparation des pouvoirs – et assez rarement pour de purs motifs constitutionnels.

On invoque ainsi usuellement la séparation des pouvoirs pour refuser d’obtempérer aux règles communes (par exemple refuser d’autoriser une enquête judiciaire sur les malversations d’un parlementaire).

Un peu comme on invoque facilement le « sacro-saint » principe en vertu duquel « tout mandat impératif est nul » pour envoyer les citoyens ou les con­tribuables aux pelotes et leur refuser de s’occuper de ce qui les regarde, en exigeant de leurs « représentants » qu’ils les représentent vraiment !

En ce moment, la séparation des pouvoirs est invoquée par l’Élysée et le gouvernement.

Le sénat aurait, en effet, doublement violé la constitution, en souhaitant auditionner Alexandre Benalla. D’une part, parce qu’une enquête judiciaire concerne ce dernier ; d’autre part parce qu’il était un agent du pouvoir exécutif.

Mais il est absurde de soupçonner Philippe Bas d’ignorer à ce point le droit.

Le président de la commission des lois, ancien conseiller d’État et ancien secrétaire général de l’Élysée, connaît évidemment la constitution.

Il veut entendre Benalla, non pour déterminer sa responsabilité pénale dans la répression de la manifestation du 1er mai, non pas, non plus, pour enquêter sur les relations personnelles qui pourraient l’unir au chef de l’État. Mais pour comprendre l’organisation de la sécurité du chef de l’État, entre milice personnelle et police officielle.

Et il faut tout ignorer du sénat pour imaginer que les coups de fil à Gérard Larcher, les indignations vertueuses de la Garde des sceaux, ou les rodomontades de Benalla lui-même assurant d’abord qu’il ne déférerait pas à la convocation de la commission d’enquête ou qu’il méprise les sénateurs, vont impressionner la Haute assemblée.

M. Macron a-t-il oublié que le sénat a tenu tête au général De Gaulle qui avait tout de même un peu plus d’autorité ?

Je disais au début de l’été que l’affaire Benalla était loin d’être terminée. Mais j’étais loin d’imaginer que ce serait l’Élysée qui remettrait, si je puis dire, une pièce dans la machine.

Car cette façon de mépriser le parlement – et, de façon générale, de tenter de museler tous les contre-pouvoirs – est le meilleur moyen d’exaspérer l’opinion publique. La popularité de M. Macron est en chute libre. Avec une telle stratégie et une telle arrogance, il est peu probable que cela change prochainement !

GUILLAUME DE THIEULLOY pour les4verites.com

Sur le même thème:



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Participer à la discussion

Nous avons besoin de vous ! Soutenez Peuple de France en faisant un don.



Articles à lire aussi