Revue de presse - Peuple de France: Pontchâteau, Guérande, Pontivy : des mineurs étrangers isolés installés dans des foyers à la campagne

lundi 27 août 2018

Pontchâteau, Guérande, Pontivy : des mineurs étrangers isolés installés dans des foyers à la campagne

Les départements bretons – surtout l’Ille-et-Vilaine et la Loire-Atlantique – débordent sous l’afflux des mineurs isolés étrangers (MIE). Pas toujours mineurs d’ailleurs puisque près d’un sur deux est en réalité majeur. Ils doivent être accueillis, logés et éduqués par les départements, au titre de l’aide sociale à l’enfance (ASE)
Les départements bretons – surtout l’Ille-et-Vilaine et la Loire-Atlantique – débordent sous l’afflux des mineurs isolés étrangers (MIE). Pas toujours mineurs d’ailleurs puisque près d’un sur deux est en réalité majeur

Ils doivent être accueillis, logés et éduqués par les départements, au titre de l’aide sociale à l’enfance (ASE) – une charge budgétaire croissante pour les départements au détriment des autres enfants de l’ASE. La plupart des capacités d’accueil des MIE (hôtels, foyers) se trouvent en ville, mais celles-ci sont débordées. D’autres sont créées à la campagne.

18 MIE accueillis à Pontivy

A Pontivy, 18 mineurs non accompagnés sont accueillis au foyer Le Resto depuis la fin du printemps. Ils ont entre 15 et 18 ans et viennent du Cameroun, du Mali, de la Guinée, de la Côte d’Ivoire, de l’Albanie et de l’Afghanistan – très peu d’entre eux fuient en réalité la guerre. Ils sont venus en France dans le cadre d’une migration économique. Le foyer est géré par l’ARASS (association pour la réalisation d’actions sociales spécialisées) et financé par le département du Morbihan au titre de l’ASE.

Sept MIE accueillis à Guérande, bientôt 10

A Guérande et Pontchâteau, ce sont les associations des pupilles de l’enseignement public (PEP) du Maine-et-Loire et de la Loire-Atlantique qui ont créé un SAMNA (service d’accueil de mineurs non accompagnés).


A Guérande, sept mineurs isolés étrangers ont été installés dans des appartements au printemps, trois autres seront prochainement accueillis. Les MIE sont originaires pour l’essentiel d’Afrique (Guinée, Mali, Angola…), ils bénéficient d’un accompagnement social et d’une infirmière, font du sport et du théâtre. L’un d’eux est en 4e au collège Jacques Brel de Saint-Nazaire, d’autres dans une filière spécialisée pour les décrocheurs scolaires au lycée Aristide Briand de Saint-Nazaire.

Vingt MIE à Pontchâteau, d’autres à la Ducherais (Campbon)

Dans le cadre de la même structure, d’autres MIE sont logés à Pontchâteau et à la Ducherais, sur Campbon depuis le printemps 2016. Leur arrivée à Campbon a été suivie de la création d’une association d’aide, intitulée Accueil fraternel en Loire et Sillon, dont le président est le savenaisien Jacky Martin. L’objectif de l’association est « d’aider concrètement les personnes accueillies : l’apprentissage du français, aide aux déplacements, l’accès aux loisirs », d’après la tribune du président dans le bulletin municipal Trait d’union (avril 2016).

A Pontchâteau, il s’agit de vingt jeunes, installés au 5bis rue de l’Église. Ils proviennent du Mali, de la Guinée-Conakry et du Cameroun – là encore, la plupart ne fuient pas la guerre, mais sont venus en France profiter de conditions économiques meilleures et de l’État Providence. Ils ont à leur disposition une équipe de cinq personnes : une directrice, une infirmière, une secrétaire comptable et deux éducatrices spécialisées. Sans oublier une volontaire en service civique, recrutée par les amicales laïques de Pontchâteau de Missillac en novembre 2017 pour six mois.

Le projet a été présenté aux élus et habitants de Pontchâteau très peu de temps avant son lancement – au conseil municipal du 16 mai 2017. Trois personnes étaient dépêchées par les PEP : Jean-Yves Cougoulic, directeur général des PEPS44, Valérie Paboeuf, directrice du SAMNA et M. Bonnet, membre du conseil d’administration. La présentation a été assez courte, sauf une précision faite à un élu : le SAMNA du 44 a été fait « en s’appuyant sur le modèle mis en place par les PEP 29 depuis trois ans ».

Des MIE accueillis depuis 2014 à Concarneau, Quimper et Quimperlé

On trouve des informations sur celui-ci dans le n°56 de la revue Solidaires (juin 2016). Avec Avel Mor et Ribinad, deux associations finistériennes, les PEP 29 ont fondé en juin 2014 le service d’accueil MIE Kalon Ar Bed (SKAB). Ce service accueillait alors 14 MIE à Quimper, autant à Concarneau et 13 à Quimperlé. Prévu pour 24 jeunes, il en accompagne 41 « de 11 nationalités différentes (dont 90% d’Afrique subsaharienne) » et est financé par le département du Finistère au titre de l’aide sociale à l’enfance (ASE).

En février 2017, le SKAB répondait à un appel à projets pour en accueillir dix de plus. Une quinzaine de familles les accueillent régulièrement pour des week-ends et des séjours. Six éducateurs et une directrice de projet épaulent les jeunes, qui sont aussi formés et dirigés vers l’insertion professionnelle – généralement par la voie de l’apprentissage.

Des MIE ou des migrants à la campagne pour « nourrir les espaces vides de migrants »

Dans le Morbihan, les PEP locales ont accueilli 36 migrants majeurs, évacués de Calais, entre novembre 2015 et février 2016. Ils étaient installés à Sarzeau. Ils étaient principalement soudanais. Quelques uns sont restés dans le Morbihan, notamment à Vannes et Pontivy. Mission réussie pour l’association dont la membre du conseil d’administration interrogée par Solidaires, Valérie Rabault, avoue son « souci de ‘’nourrir’’ les espaces vides de migrants ».

En clair, vous habitez ou vous êtes installés à la campagne pour échapper à la délinquance – enfin à « l’enrichissement culturel » – des grandes villes. En échange d’une tranquillité aléatoire (cambriolages, délinquance juvénile…), vous subissez le racket des radars, les taxes sur les carburants, l’éloignement et le manque de service publics, l’absence de transports en commun – les quartiers « prioritaires » sont certes « enclavés », dit la presse mainstream, mais le moindre d’entre eux est mieux desservi par les transports en commun que votre village. Et vous aurez encore les migrants, car vu de la Ville, vous habitez dans des « espaces vides » à « nourrir ». Fermez le ban.

Louis Moulin pour breizh-info.com

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Participer à la discussion

Articles à lire aussi

Faire un don à Peuple de France avec PayPal