Revue de presse - Peuple de France: Après les vacances à Brégançon, la dure réalité de la France rattrape Macron

mardi 21 août 2018

Après les vacances à Brégançon, la dure réalité de la France rattrape Macron

On voudrait nous faire croire que la torpeur de l’été aurait emporté les dernières polémiques dans lesquelles le Gouvernement s’était empêtré avant les vacances.
On voudrait nous faire croire que la torpeur de l’été aurait emporté les dernières polémiques dans lesquelles le Gouvernement s’était empêtré avant les vacances. 

Quitter le Palais de l’Élysée pour le fort de Brégançon ne suffit pourtant pas à rendre crédible un président de la République qui s’est mis en scène pendant ses vacances, en mimant par exemple des rencontres absolument « fortuites » avec de jeunes admirateurs.



Le drame de Jupiter, c’est le mythe d’Icare à l’envers : descendre de l’Olympe, c’est se condamner à se brûler les pieds. Emmanuel Macron a eu beau communiquer à outrance - Brexit, Aquarius… - il n’a trouvé aucune solution aux problèmes qui touchent les Français. En bref, l’été est là, mais la dure réalité à laquelle sont confrontés nos concitoyens, elle, ne s’efface pas. Si certains ministres font le dos rond en espérant que les vacances auront dissipé les interrogations des Français, il n’en est rien.

A Nice, dans la ville qui m’a fait député, j’entends nos concitoyens qui, plus que jamais, s’emportent contre ce pouvoir enivré de surpuissance. L’affaire Benalla a provoqué un énorme remous dans la société française, bien au-delà de ce que peuvent penser les députés de la majorité tellement hors-sol qu’ils sont pour certains, je le constate ici aussi dans les Alpes-Maritimes, totalement déconnectés de la réalité.

Non, la torpeur de l’été n’aura pas effacé nos interrogations. Pourquoi un président de la République a-t-il voulu protéger à ce point un barbouze au mépris du droit et, c’est encore plus grave, de nos institutions? Et comment accepter que la commission d’enquête parlementaire que nous avions arrachée de haute lutte à l’Assemblée nationale ait été condamnée à l'impasse, en raison de la soumission d’une majorité aux ordres de l’Élysée? Comment hauts fonctionnaires et ministres ont-il pu sans honte ni vergogne mentir sous serment devant la représentation nationale ? Un jour ou l’autre la vérité éclatera car les Français la méritent et la démocratie l’exige.

Parce qu’ils sont partis en vacances, les ministres plastronnent et jurent que tout va bien. Les Français qui n’ont pas la chance de pouvoir partir et ceux qui, plus nombreux encore qu’il y a un an, sont au chômage savent bien que la reprise économique annoncée est une supercherie, évidemment ! Comme un dernier baroud d’honneur, des députés de la majorité en manque de sensation tentent de lancer un débat sur le travail du dimanche. Ils oublient que l’ouverture totale tuerait encore plus le petit commerce de centre-ville. Chez Macron, c’est toujours les gros qui l’emportent contre les petits…

«Les Français avaient perdu l’habitude d’un pouvoir politique qui fait des choses», a estimé Benjamin Griveaux dans Nice-Matin, le jeudi 16 août. Le même qui déclarait avant de partir en vacances que «jamais autant de textes n’ont été votés» pour une première année de Présidence que sous Emmanuel Macron… Faut-il lui rappeler qu’en 2008, au bout d’un an, Nicolas Sarkozy avait promulgué 96 lois, quand l’ancien ministre de l’Économie de François Hollande en a promulgué 55…

Mais qu’importe, se disent nos ministres, racontons n’importe quoi, tant que ça peut servir à masquer l’avalanche de mauvais chiffres qui plombent notre pays. Qui ne voit pas que l’inflation explose, que le prix de l’essence ne cesse d’augmenter, que ceux de l’électricité, du gaz, des frais bancaires et les timbres postaux atteignent des records ? Qui ne voit pas l’effet pervers de la hausse de 25% de la CSG ? Qui ne voit ces impôts qui asphyxient les chefs d’entreprises comme les salariés, faisant de notre pays le champion d’Europe des prélèvements obligatoires ? Bref, mais dans quel monde imaginaire vivent donc ceux qui nous gouvernent ?

Non, la dette publique n’a pas diminué ! Non, le nombre de clandestins qui entrent illégalement dans notre pays n’a pas baissé ! Non, malheureusement, nous ne sommes pas mieux armés face au terrorisme ! Non, le Président de la République n’a pas su s’imposer à la tête d’une Europe où la France avait pourtant un si grand rôle à jouer face à une Chancelière Allemande affaiblie durablement !

La rentrée est une période qui nous incite, plutôt, à l’optimisme. Je fais comme beaucoup le vœu que notre pays aille mieux, que la France retrouve le chemin de la grandeur, qu’elle soit plus forte, plus solidaire et plus unie. Qu’elle soit aussi plus fière d’elle… Mais j’invite nos gouvernants à écouter la France des territoires ; celle dont le cœur bat à l’unisson depuis la nuit des temps. Qu’ils écoutent ce pays qui n’a pas eu même à cœur de célébrer la victoire de notre équipe nationale pendant la Coupe du Monde de football plus de quelques heures. Un pays dont le peuple se désunit si rapidement file vers de mauvaises pentes. L’individualisme anxieux qui prédomine : telle serait la pire conclusion à tirer du bilan d’Emmanuel Macron s’il ne changeait rapidement et radicalement de cap.

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