Revue de presse - Peuple de France: Un couple de Japonais menacé d’expulsion alors qu’il produit un vin d’exception

mercredi 4 juillet 2018

Un couple de Japonais menacé d’expulsion alors qu’il produit un vin d’exception

Le couple de Japonais menacé d’expulsion
La préfecture des Pyrénées-Orientales met en avant l’absence de rentabilité de l’exploitation de Rié et Hirofumi Shoji. A Banyuls-sur-Mer, le couple japonais produit pourtant un vin rouge « nature » d’exception.

Le 6 septembre prochain, les magistrats du tribunal administratif de Montpellier (Hérault) vont avoir à décider s’il convient d’expulser du territoire national Rié et Hirofumi Shoji, un couple de vignerons japonais trentenaires de Banyuls-sur-Mer (Pyrénées-Orientales), arrivé en France en 2011.
Dans un dossier ahurissant, c’est ce que réclame la préfecture des Pyrénées-Orientales depuis avril dernier. Et c’est ce qu’elle soutient encore aujourd’hui dans un mémoire remis ce jeudi à Me Jean Codognès, l’avocat des deux vignerons.

Depuis ces derniers jours, Rié et Hirofumi Shoji vivent apeurés, stressés dans la perspective d’avoir à quitter ce qu’ils ont construit sur les hauteurs de Collioure avec patience, détermination et talent : des parcelles sur 3,5 ha pour donner Pedres Blanques, un vin rouge « nature » d’exception, star du dernier salon Indigènes et désormais référencé chez El Celler de Can Roca, à Gérone, en Catalogne (Espagne), plus grand restaurant du monde en 2016. « Pour demander à ces deux travailleurs de la terre de quitter la France, la préfecture met en avant l’absence de rentabilité de leur entreprise. Les experts de l’administration estiment que leur exploitation n’est pas viable, qu’ils n’auront pas les moyens de subsister alors que le prix de leurs bouteilles s’envole. Alors qu’ils sont à jour de toutes leurs cotisations et versements. Alors qu’ils ont investi 100 000 € sur leurs deniers personnels et empruntés 50 000 € à la banque. Dans ce dossier on marche sur la tête ! » s’exclame Maître Jean Codognès qui a réclamé, en vain, une médiation. Et qui espère que le bon sens et la pertinence soient à nouveau invités à la relecture des documents.

« Ce vin ? On pourrait en vendre des dizaines de milliers de bouteilles. D’ailleurs, on ne les vend plus. On les réserve à nos clients du restaurant. On ne doit pas laisser partir Rié et Hirofumi », ajoute Jan Paul Delliaas du caveau des 9 caves à Banyuls où une mobilisation prend corps. « Cette affaire est ubuesque. C’est la caricature parfaite de ce que vivent aujourd’hui les jeunes vignerons qui s’installent pour faire des vins nature. Ils sont au four et au moulin pour créer un modèle économique », estime Alain Potié, auteur de la bible des vins du Roussillon.



NDLR : Au sujet de « l’absence de rentabilité de leur entreprise », savoureux quand on se rappelle les centaines de milliers de « migrants » ne vivant que des prestations sociales, selon un commentaire lu sur le web : « Complément : petit calcul.

Une production bio de vin, c’est en gros 20hl/ha, donc 70hl, soit 9 000 bouteilles environ !
CA : 225 000€
Compter pour frais de fabrication, 5€ la bouteille pour ce type de production.
Reste 180 000€, pour les amortissements sur 10 ans 15 000€, l’emprunt idem sur 10 ans 8 000€…
Reste 157 000€, à soustraire taxes (50€/hl + TVA 20% ~ 41 000€), charges et frais, impôts…
S’il ne leur reste pas 80 000€, ce n’est pas loin… »

Sources : dreuz.info - Leparisien

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