Revue de presse - Peuple de France: Affaire Benalla : Le Préfet de Police de Paris dénonce «des dérives inacceptables» et «un copinage malsain»

lundi 23 juillet 2018

Affaire Benalla : Le Préfet de Police de Paris dénonce «des dérives inacceptables» et «un copinage malsain»

Alors que le Préfet de Police de Paris est actuellement auditionné par l’Assemblée Nationale, il répond aux accusations du Ministre de l’Intérieur le mettant en cause.

Après le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, le préfet de police de Paris, Michel Delpuech est auditionné depuis 14 heures par la Commission d’Enquête de l’Assemblée Nationale ayant pour sujet les frasques d’un collaborateur d’Emmanuel Macron lors de la manifestation du 1er mai. Il répond aux accusations notamment de Gérard Collomb à son encontre.


« J’ai découvert avec surprise et étonnement la présence de Benalla »

Le Préfet de Police de Paris relate les circonstances lors desquelles il a été informé des actes de M. Benalla, le 2 mai, au lendemain de la manifestation : 

« Je suis arrivé, un peu avant 9 heures, la réunion était présidée par le directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur. Vers 10h45, je suis rentré vers la préfecture de police. J’ai appelé mon directeur de cabinet pour faire le point sur les infos du matin. Il m’a dit que circulait une vidéo sur les violences policières. J’ai indiqué que je voulais en savoir plus ».
Et de poursuivre : 

« Autour de 11h15, j’ai reçu un appel d’un collaborateur de cabinet du président de la République. Il vient aux nouvelles auprès de moi, je ne comprends pas de quoi il parle. Je n’ai jamais entendu parler de l’affaire Benalla à ce moment là. J’indique que je vais me renseigner. Dans le même temps, mon service de communication a trouvé cette vidéo. Nous l’avons visionnée sur un grand écran. Il me revient à ce moment là un épisode du 1er mai. En fin de journée, le ministre de l’Intérieur est passé à mon bureau pour faire le point et pour aller en salle de commandement pour remercier les personnels et agents présents. J’ai alors découvert avec surprise et étonnement la présence de Benalla. Au moment de lui serrer la main, je lui demande ce qu’il fait là: « J’étais sur le terrain, je suis venu », dit-il. Je précise qu’à cette heure-là, le 1er mai, vers 20h30, les opérations de maintien de l’ordre se poursuivaient dans la capitale. Vers 23 heures sont intervenues les dernières interpellations. Je suis alors remonté à mon bureau, j’ai dû organiser la visite du premier ministre dans un commissariat ».

Il affirme n’avoir « jamais été sollicité » sur le cas Benalla

Le Préfet relate :

« Après cet appel de Monsieur le président de la République. Au vue de cette alerte, j’ai pris deux séries d’initiatives. J’ai joint le directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur. Il m’a répondu que le cabinet du ministre était déjà informé et en liaison avec l’Élysée sur ce sujet. Après d’autres échanges ont suivi, il était établi pour moi que le “sujet Benalla” était traité par l’autorité hiérarchique concernée. Une sanction a été prise à son encontre. Je me suis un peu étonné, auprès du cabinet du ministre, de ne pas avoir été alerté par ses soins ».

« Copinage malsain »

Pour Michel Delpuech, ces événements ne sont pas sans conséquences pour la Préfecture de Police de Paris.  Il pointe du doigt des « dérives individuelles inacceptables, sur fond de copinage malsain ».

« Ce n’est pas la place d’un observateur de faire du maintien de l’ordre »

En réponse à une question de la vice-présidente de la Commission au sujet de sa connaissance de la présence d’observateurs en ce 1er mai, le Préfet répond par la négative :

« Si j’avais été sollicité pour cette demande, l’aurai-je refusée ? Non. Je n’ai aucune raison de faire cela pour un collaborateur du président de la République. Je l’aurais mis en garde contre les risques que représentaient une telle manifestation. J’ai communiqué en disant que cette manifestation du 1er mai comportait de graves risques. Ce n’est pas la place d’un observateur de faire lui-même le maintien de l’ordre. S’il est intelligent, il reste à sa place en retrait » 

Source: actu17.fr 

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