Revue de presse - Peuple de France: Affaire Benalla : Macron perd ses nerfs

vendredi 27 juillet 2018

Affaire Benalla : Macron perd ses nerfs

En voulant se montrer offensif, le président a montré sa faiblesse et surtout son anxiété à être confondu par les Français. Le président perd ses nerfs. Perdra-t-il aussi le pouvoir ?

Depuis hier soir l’exécutif tente de reprendre la main afin de ne pas sombrer ad vitam aeternam dans les limbes de l’histoire politique. Et quoi de mieux pour redonner de la confiance qu’une sortie d’Emmanuel Macron devant des députés dépités ? En voulant se montrer offensif, le président a montré sa faiblesse et surtout son anxiété à être confondu par les Français. Le président perd ses nerfs. Perdra-t-il aussi le pouvoir ?

Alors que les députés La République en Marche tentent de s’extasier devant le ton ferme et les propos d’Emmanuel Macron, sa sortie loin des vrais gens montre à quel point le roitelet est sous tension. Les nerfs commencent à lâcher et le génie jupitérien montre à quel point cette histoire est plus qu’un dysfonctionnement, mais bien une attaque sournoise contre la démocratie française. Devant les députés d’En Marche, Macron a joué au gros bras en assurant qu’il n’avait pas peur. La preuve, il défit les millions de Français et les députés qui les représentent en disant : « S’ils cherchent un responsable, le seul responsable, c’est moi et moi seul. […] S’ils veulent un responsable, il est devant vous. Qu’ils viennent le chercher. Je réponds au peuple français ».

Dérapages avant la chute finale ? 

Comme cela a déjà été dit ici, Macron confirme bien qu’il est responsable de tout ce scandale et une réaction saine serait de se livrer à la justice (indépendante, si elle existe toujours). Mais Macron s’enfonce encore plus – et sans aucune aide – en tenant des propos digne d’un petit caïd. Certain de ne pas être inquiété par la justice en raison de son seul statut de président, il invective et se dit prêt à la bagarre : « Qu’ils viennent le chercher ». Or, si les Français le prenaient au mot, ils seraient envoyés directement en prison. Quant aux députés, ils peuvent attendre longtemps la venue d’un président qui ne risquera pas son poste pour satisfaire leur légitime curiosité.

Macron invective, caché derrière son statut et ses quelques fidèles. Mais le compte n’y est pas. Rares sont les députés En Marche qui osent s’arrêter aujourd’hui pour s’exprimer devant les caméras. Le porte-parole du Gouvernement a fait le service après-vente de cette laborieuse prestation en déplorant que l’opposition veuille savoir ce qui se trame à l’Elysée. Ils ne veulent que des explications sincères et dans sa crise de confiance, Macron leur parle de ses préférences de cœur (pour ne pas dire autre chose).

Ainsi, le président a dû estimer important de dire que Benalla n’était pas son amant. Mais pourquoi donc Macron s’est-il cru obliger de faire un tel démenti ? Quel parlementaire, quel média aurait-il suggéré une telle chose ? Aucun. Ce démenti en est d’autant plus étonnant. Le président aurait-il été victime d’un acte manqué ? Ne rentrons pas dans des considérations psychologiques. Les autres propos du président ont assez de quoi nourrir une réflexion politique qui met à mal celui qui pensait dominer les Français en les brutalisant. Un parallèle avec les actions – physiques celles-là – de son ancien compère Benalla ? À force de ne répondre à aucune interrogation, les questions s’accumulent !

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