Revue de presse - Peuple de France: «Monsieur Macron, recevez Marin : lui aussi est un héros»

vendredi 8 juin 2018

«Monsieur Macron, recevez Marin : lui aussi est un héros»

Fatiha Boudjahlat juge que le jeune Marin, qui s'était héroïquement interposé entre un couple et leurs agresseurs, aurait mérité d'être reçu à l'Élysée tout comme Mamoudou Gassama.

Triste époque que la nôtre qui se vit sur le mode de l'alternative. Beaucoup ont souligné avec raison que Marin, violemment agressé et handicapé à vie pour être intervenu contre des jeunes qui menaçaient (la «hagra») un couple dont le seul tort avait été de s'embrasser en public, n'avait pas eu l'honneur d'être reçu par le Président d'alors, François Hollande, pas plus que par Emmanuel Macron.
Le contraste est d'autant plus frappant que ce dernier a reçu Mamoudou Gassama à l'Élysée avec une célérité étonnante, l'agenda du Président évoluant au gré de la viralité des vidéos et des likes sur les réseaux sociaux. La polémique? Le «noir» sans-papiers reçu à l'Élysée et récompensé par la régularisation expresse et la naturalisation (plus longue et en rien automatique), le «blanc» ignoré, qui n'aurait reçu de celui qui n'était que maire à l'époque, Gérard Collomb, que la médaille d'honneur.

Marin n'a pas accompli d'exploit physique autre que sa combativité, extraordinaire, durant sa lente convalescence. Marin est un héros négligé parce qu'il a été un Bon Samaritain, celui de la parabole biblique. Celui qui, assistant à une injustice, une souffrance, une agression, décide de ne pas détourner le regard. Ce petit mouvement que nous accomplissons tous de plus en plus. Par peur.


Marin a posé un acte: il est intervenu. Courageusement. Puis il a continué son chemin. Nous, nous continuons notre chemin sans intervenir.

Ce n'est pas la célébration méritée de Monsieur Gassama qu'il faut critiquer. C'est la non-célébration de Marin, par un Hollande qui avait accouru au chevet de Théo Luhaka (dont rien ne justifiait les conditions, mêmes accidentelles, de l'interpellation).

Monsieur Macron, réparez cette faute inexcusable: recevez Marin. Et cessez de vous prêter à cette nouvelle mode raciste de la couleur, la République n'en reconnaît que trois, celles politiques et symboliques de son drapeau. Vous n'êtes certes qu'un mâle blanc, mais vous êtes le Président d'une Nation fragilisée.

[...]

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Fatiha Boudjahlat est cofondatrice avec Céline Pina du mouvement Viv(r)e la République. Elle est aussi l'auteur de l'essai Féminisme, tolérance, culture: Le grand détournement (éd. du Cerf, novembre 2017).

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