Revue de presse - Peuple de France: Kevin Emeneya, 28 ans, blessé de guerre : «On donne notre vie à la France»

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samedi 23 juin 2018

Kevin Emeneya, 28 ans, blessé de guerre : «On donne notre vie à la France»

Il y a huit ans, le légionnaire Kevin Emeneya a été gravement blessé à la tête en Afghanistan. Pensionnaire de l’hôpital militaire des Invalides, il reçoit ce samedi le président à l’occasion de la Journée des blessés de l’Armée de terre.

Ce jeudi, avant le coup d’envoi de France-Pérou, le caporal-chef Kevin Emeneya, sourire aux lèvres dans son plus bel uniforme, nous reçoit dans la chambre qu’il occupe à l’Institution nationale des Invalides.
Le soldat de 28 ans, grièvement blessé en Afghanistan en 2010, fait partie des 80 pensionnaires qui vivent dans cet hôpital militaire parisien.

Le jeune homme, né au Congo, s’est engagé dès l’âge de 18 ans dans la Légion étrangère, pour « servir la France ». Après plusieurs missions, il est envoyé en Afghanistan, en pleine guerre avec les talibans. Le 2 juillet 2010, un sniper en embuscade l’atteint à la tête alors qu’il est posté à la tourelle d’un véhicule blindé. Le casque n’a pas pu empêcher la balle d’atteindre une artère de son cerveau, et produit un « effet de blast » très puissant, se rappelle-t-il.

Rapatrié en urgence à l’hôpital militaire Percy en banlieue parisienne, Kevin ne doit son salut qu’à l’insistance de sa mère de ne pas le « débrancher ». Après plusieurs années de rééducation dans un service des Invalides, il parvient de nouveau à parler et à bouger la tête, même s’il a perdu l’usage de ses bras et de ses jambes. Ce grand fan de foot porte à la chemise la médaille militaire et la Croix de la valeur militaire, deux insignes qui lui ont été décernés à son retour. « J’en suis très fier », sourit celui qui a aussi été naturalisé français « par le sang versé », selon la formule consacrée.

Assis dans son fauteuil roulant, il commande la lumière et la télévision, qu’il laisse le plus souvent allumée, grâce à un bouton au niveau de sa mâchoire. Les cheveux tressés vers l’arrière, il glisse d’une voix calme : « On donne notre vie pour la France, les gens ne doivent pas l’oublier. » Ici, il reçoit régulièrement des visites d’amis ou de sa famille, qui habite à Noisy-le Grand (Seine-Saint-Denis). Il est même resté en lien avec certains anciens camarades du 1er régiment étranger de génie.

Fidèle à son appellation de « Grande muette », l’Armée de Terre ne communique que très peu de chiffres sur le nombre de ses soldats blessés. Tout juste sait-on qu’ils sont 1 000 militaires à être suivis en France par la Cellule d’aide aux blessés de l’armée de Terre (CABAT), composée de personnel civil et militaire. Chaque militaire a un référent au sein de cette structure qui les accompagne pendant leurs soins et leur offre du soutien humain, social et juridique.

Parmi ces 1 000 blessés, 300 l’ont été à l’entraînement ou pendant un exercice de service et 700 en opération extérieure (Sahel, Afgahnistan, Centrafrique…) comme Kévin Emeneya.

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