Revue de presse - Peuple de France: La faillite de l’Union européenne

dimanche 10 juin 2018

La faillite de l’Union européenne

Faut-il accuser d’incompétence les dirigeants qui ont conçu, mis en place, et développé depuis 40 ans un système si calamiteux ?


Inutile de triturer les statistiques : de nos liens avec l’Union européenne, peu de gens sont satisfaits sans réserve, les autres se partageant entre ceux qui en veulent plus, et ceux qui en veulent moins.


Les deux paraissent oublier que les changements qu’ils demandent sont soumis par les traités à l’unanimité des pays membres : les intérêts de chacun étant différents, ils n’obtiendront rien.

Selon la plupart des sondages, les seconds, qui étaient déjà 54,7% en 2005, fatigués des promesses non tenues et des annonces sans suite, tendent ces dernières années à s’étoffer encore.

Seul un référendum permettrait de savoir combien ils sont, mais Brucelles l’interdit, on se demande pourquoi.

On leur a d’abord promis la paix. Elle était déjà réelle depuis 1945, grâce surtout à la dissuasion nucléaire.

Avec l’UE, dès 1990, la paix a fait place à la guerre avec participation française en ex-Yougoslavie et au Kosovo (en pleine Europe, sinon en France même). Puis en Irak, en Afghanistan, en Libye, au Mali, et en Syrie.

On avait connu la drôle de guerre; maintenant c’est la drôle de paix.

On leur a aussi promis la croissance et la prospérité, mais on a mis en place sans délai le libre-échange sans limite et la libre circulation des capitaux, donc les fermetures d’entreprises, les délocalisations, le chômage de masse, y compris chez les jeunes, la baisse continue du PIB, de la croissance et, depuis dix ans, du revenu médian : situation inconnue en temps de paix. Il est vrai qu’on est en guerre …

On leur a encore promis la disparition du sentiment d’insécurité, bientôt remplacé par l’état d’insécurité certaine par attentats, provoqués par une immigration de masse incontrôlée, sur directives de Bruxelles, que de plus en plus de pays membres dénoncent pour les mêmes raisons, sans grand succès.

À quoi il faut ajouter, faute de moyens, la diminution continue des crédits et des effectifs de l’armée, comme des forces de l’ordre, rendant progressivement le matériel militaire hors service, et les effectifs incapables de maintenir l’ordre, sans parler de l’aggravation des manifestations violentes et du développement des zones de non-droit.

Malgré une fiscalité galopante, l’État n’a plus les mêmes moyens qu’en 1990.

On leur a aussi promis l’aide de fonds européens, mais en leur cachant qu’ils n’avaient d’européens que le nom, ces fonds (9 milliards) étant d’abord envoyés à Bruxelles par nos impôts.

La France n’avait pas besoin de l’UE pour continuer à aider directement les domaines qu’elle considérait comme devant l’être, choix qu’elle n’a plus.

Au bout de 25 ans, cela commence à faire beaucoup, et la patience des victimes de la politique, en particulier économique, de l’UE, a atteint ses limites avec le bradage, sous prétexte de concurrence libre et non faussée, des fleurons de ce qui reste de notre industrie – inclus, et même surtout, dans les domaines stratégiques : le seul démantèlement d’Alstom place sous contrôle étranger les clés de nos sources d’énergie, de notre protection militaire, et de nos productions d’armement.

Mais je ne veux pas décourager les partisans de « plus d’Europe » : depuis 45 ans, il n’y a pas que des baisses. Il y a aussi des secteurs en forte progression : la dette (2 000 milliards), le nombre de chômeurs (6 millions), la corruption de la classe politique, la pression fiscale, sans oublier l’ignorance qui fait des progrès constants dans l’Éducation nationale, en France comme ailleurs.

N’est-ce pas suffisant ?

Faut-il accuser d’incompétence les dirigeants qui ont conçu, mis en place, et développé depuis 40 ans un système si calamiteux ?

Cela paraît difficile. Déjà en 1992, le Prix Nobel Maurice Allais, suivi par nombre d’économistes raisonnables, à qui les médias ont donné peu de place lors de la campagne de Maastricht, avait prédit le désastre, dont le fondement est l’application contraignante de règles de gestion identiques à des pays différents, et dont les évolutions divergent.

Robert Mundell avait d’ailleurs, dès 1961, pointé cet élément dans sa théorie de la zone monétaire optimale, dont on ne peut pas imaginer qu’elle ait été ignorée par les promoteurs de l’Union européenne.

Alors, si ce n’est pas de l’incompétence, qu’est-ce ?

DELMAU JEAN-PIERRE pour les4verites.com

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