Revue de presse - Peuple de France: « Allah Akbar » dans la cathédrale de Nantes : Un témoin répond aux questions

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samedi 23 juin 2018

« Allah Akbar » dans la cathédrale de Nantes : Un témoin répond aux questions

Comme annoncé hier, avec la confirmation d’un autre témoin de l’incident, voici l’entretien que nous a accordé celui que nous avons qualifié de “témoin crucial” de l’incident survenu dans la cathédrale de Nantes le dimanche de Pentecôte 20 mai dernier. 

Les questions sont brèves et les réponses sont claires : elles ne laissent planer aucun doute sur la matérialité des faits.

Où vous trouviez-vous précisément au moment de l’incident ?

Je me trouvais dans le chœur, au pied des stalles dans lesquelles étaient assis les prêtres, c’est-à-dire à environ cinq mètres de Monseigneur, derrière lui et légèrement sur sa droite.

Combien de personnes étaient alors présentes dans le chœur ?

Si on compte la trentaine de prêtres et diacres, la demi-douzaine de servants, la maîtrise de la cathédrale (vingt-cinq à trente personnes), une chorale Métis (même nombre) chargée d’animer avec la maîtrise, et une demi-douzaine de musiciens, nous devions être près d’une centaine de personnes dans le chœur, personnes auxquelles il faut ajouter une trentaine de fidèles assis au fond du chœur (car la cathédrale manquait de place donc l’arrière du chœur a été ouvert).

À quelle distance étiez-vous de l’ambon où l’évêque allait donner son homélie ?

Monseigneur donne toujours son homélie depuis la cathèdre quand il célèbre à la cathédrale (c’est-à-dire à sa place, avec le micro installé devant lui). J’étais donc toujours à ma place, comme je l’ai dit plus haut.

Étiez-vous plus près ou plus éloigné de l’ambon que le vicaire général ?

J’en étais bien plus loin que lui ! Le Père vicaire général est le bras droit de l’évêque, et il est assis toujours à sa droite, tandis que le Père recteur est assis à sa gauche. Un diacre est assis à droite du vicaire général, légèrement en retrait.

L’individu s’est-il approché de la cathèdre avant ou pendant l’homélie de l’évêque ?


Peut-être était-il installé dans les premiers rangs sur le côté de l’assemblée, donc je ne peux pas dire s’il était en mouvement pendant la proclamation de l’Évangile, avant ou après la fin de la proclamation, ou au début du sermon. Ce qui est certain, c’est qu’il était proche de l’évêque après quelques minutes de sermon.

Au bout de combien de minutes le sermon de l’évêque a-t-il été interrompu par le perturbateur ?

À peine quelques minutes après le début, peut-être quatre ou cinq minutes après le début de l’homélie.

A-t-il arraché le micro des mains de l’évêque, ou s’en est-il simplement approché pour se faire entendre ?

L’évêque ne tenait pas le micro, l’homme s’est approché de lui et s’est approché du micro, qu’il a pris en main de manière décidée, pour parler.

Pouvez-vous faire un portrait du perturbateur ?

Un homme assez jeune, entre 25 et 30 ans peut-être, Noir, à peu près de la même taille que l’évêque (donc 1 m 75 environ semble-t-il), d’allure athlétique (comme beaucoup de jeunes gens).

Quelle a été la réaction de l’évêque au moment de l’incident ?

Il a commencé par reculer et a arrêté de parler quand l’homme s’est approché, puis a reculé un peu plus quand l’homme a pris le micro.

Combien de temps a duré l’interruption par le perturbateur ?

Son interruption a dû durer une minute en tout.

Avez-vous distinctement entendu l’expression Allahu Akbar de la bouche du perturbateur ?

Très distinctement sauf erreur de ma part, cela a été dit de façon posée, pas tellement provocatrice, mais d’une voix claire et assurée.


Était-ce avant son “discours” ou au moment où il a été maîtrisé ?

C’est la première chose qu’il ait dite, avant de commencer à s’exprimer. Le Père recteur avait déjà commencé à essayer de le repousser en le prenant par le bras depuis un instant.

Personne n’a compris ce qu’il disait. Pensez-vous qu’il s’exprimait en arabe ?

En tous les cas ce n’était pas une langue européenne (que je serais capable, même sans la comprendre, d’identifier : allemand, hongrois, polonais ; ni une langue que je parle moi-même : anglais, espagnol, italien). De là à affirmer qu’il s’agissait de l’arabe je ne peux pas en être sûr, c’était peut-être du turc ou une autre langue orientale (hormis l’hébreu que je saurais identifier aussi).

D’autres personnes dans le chœur ont-elles reconnu plus tard avoir entendu proférer l’expression Allahu Akbar ?

Je reconnais bien volontiers ne pas avoir échangé à ce sujet aux autres personnes du chœur.

Certaines d’entre elles vous l’ont-elles confié ?

De fait, non.

Comment expliquez-vous qu’aucune de ces personnes n’en ait donné le témoignage ?

Monseigneur a repris son homélie normalement, cela s’est vite oublié, ce qui peut se comprendre. Je n’ai moi-même pensé à en parler qu’en lisant l’article de l’Observatoiresur Facebook quelques jours plus tard, quand j’ai pris contact avec Daniel Hamiche.

Qui a contribué à maîtriser le perturbateur ?

Le Père recteur s’était levé pour tenter de reculer l’homme, puis le diacre proche de la cathèdre s’est levé aussi, avec le vicaire général, puis deux hommes, assez jeunes aussi (jeunes pères de famille ou étudiants) se sont saisis de cet homme.

Le perturbateur a donc fini par être expulsé de la cathédrale. Y avait-il des policiers de protection sur son parvis ?

J’avoue ne pas avoir fait attention en arrivant le matin à la cathédrale, mais il y en avait lors de la sortie, car tous les confirmands (170) se sont retrouvés avec les célébrants sur le parvis et les familles.

Savez-vous si le perturbateur a été interpellé par la police et ce qu’il est devenu ?

Aucune idée.

Les autorités ecclésiastiques ont-elles, selon ce que vous savez, déposé une plainte contre le perturbateur ?

Si c’est le cas, je n’en ai pas connaissance.

À deux reprises – selon Presse Océan et Breizh Info –, le vicaire général a affirmé que l’expression Allah Akbar n’avait pas été proférée par le perturbateur. Vous soutenez le contraire. Pensez-vous que le vicaire général pourrait ne pas l’avoir entendue pour un problème d’audition.

Peut-être que le vicaire général aura mal compris, ou alors il n’a pas fait attention aux premiers mots de cet homme ; sans doute était-il porté, comme nous tous, par les paroles fortes que disait notre évêque pendant son homélie.

*

Je souhaite, sans toutefois trop l’espérer, que ce témoignage mettra un terme aux interrogations et dénégations que l’incident a suscitées. J’insiste sur le mot “incident”, non pour minorer l’affaire mais pour la ramener à de justes proportions. Cet incident, qui n’a eu, heureusement, aucune conséquence fâcheuse, est toutefois grave. Il l’est d’abord au regard de la Loi même du 9 décembre 1905 « concernant la séparation des Églises et de l’État », car le législateur avait, en son article 32, prévu des peines d’emprisonnement et d’amende « ceux qui auront empêché, retardé ou interrompu les exercices d’un culte par des troubles ou désordres causés dans le local servant à ces exercices ». Même si des dispositions ultérieures prises par le législateur pour conformer cette loi à la Constitution de la Ve République, ont adouci les peines prévues, il n’en demeure pas moins que l’interruption d’un culte, quel que soit la religion impliquée, constitue un délit et ne saurait être toléré dans un État de droit. Il l’est encore par la tentative de dissimulation du méfait par l’autorité religieuse qui en a été la victime. Le diocèse de Nantes a sans doute d’excellentes raisons d’avoir tu – et même gommé dans l’enregistrement de l’homélie disponible sur son site – l’incident, mais les raisons de s’en prendre à ceux qui l’ont révélé, ne le sont pas. Il l’est enfin par les rares mais piètres dénégations médiatiques qu’il m’a été donné de lire, lesquelles ne reprenaient d’ailleurs que les déclarations du vicaire général lequel n’a pas entendu le Allah Akbar proféré d’entrée depuis la cathèdre, ce qui est tout à fait possible, mais trois personnes présentes l’ont entendu. À chacun, désormais, de se faire son opinion…

Pour retracer l’histoire de cet “incident”, voyez ici, ici, et encore .

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