Revue de presse - Peuple de France: Marseille : Impunité totale pour les délinquants ? Un policier marseillais témoigne

jeudi 24 mai 2018

Marseille : Impunité totale pour les délinquants ? Un policier marseillais témoigne

Après l’incroyable tour de force d’un commando lourdement armé dans la cité de la Busserine ce lundi, et la vidéo d’une cinquantaine d’individus en deux-roues qui narguent les policiers dans les quartiers Nord rendue publique par une sénatrice hier, la rédaction d’Actu17 a décidé de recueillir les sentiments des policiers de terrain.

L’un d’entre eux nous livre son témoignage. Nous l’appellerons Franck*, ce Gardien de la Paix exerce en tenue et fait partie d’une unité de terrain spécialisée dans la lutte contre la délinquance et la criminalité dans la cité Phocéenne.

 Il revient sur les faits d’actualité qui secouent Marseille. Il est également membre de l’Union des Policiers Nationaux Indépendants (UPNI), et c’est à ce titre qu’il a décidé de briser la glace.


Des actions ultra-violentes qui « se produisent de plus en plus souvent »


Actu17 : Le commando tout de noir vêtu, lourdement armé et équipé de trois véhicules maquillés a marqué les esprits lorsque la vidéo est sortie sur internet ce lundi. Est-ce une première ou bien une telle scène s’est déjà produite dans la ville ?


Franck : De telles scènes sont rares mais se produisent de plus en plus souvent au cœur des cités marseillaises ou lors de quelques braquages spectaculaires en centre-ville. Notamment dans la cité La Castellane en 2015 lorsque des équipages police ont été pris pour cible par des tirs d’AK47 (Kalachnikov, ndlr). Quelques années auparavant un fourgon avait été braqué sur le port de Marseille et les policiers avaient aussi été pris pour cibles alors que les malfaiteurs prenaient leur butin et mettaient le feu au fourgon avant de prendre la fuite.

Les délinquants n’ont « plus peur » de la Police


Actu17 : Avez-vous vous-même constaté une augmentation des violences contre les policiers ?

Franck : Les délinquants n’ont plus peur de nous. Ils savent qu’ils n’encourent pas grand chose face à la justice s’ils sont interpellés. Ils en profitent et n’hésitent plus à s’en prendre à nous physiquement, par petits groupes dans des endroits qu’ils connaissent parfaitement. Le plus dur c’est pour les équipages de PS (Police-Secours, ndlr) qui n’ont pas forcément l’équipement pour se protéger ni l’entraînement à ces techniques d’intervention propres aux unités constituées très mobiles. Des blessés il y en a tous les jours dans nos rangs, et de plus en plus.

Ce climat de violences envers les forces de l’ordre, tant lors de certaines manifestations que lors de faits criminels comme à La Busserine, n’est plus supportable pour nous « flics de terrain ». Nous sommes déconsidérés par notre hiérarchie et surtout par la justice.

*Le prénom a été modifié

[...]

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1 commentaire:

  1. Il faudra se contenter d'un non-plan banlieue !
    ... et de mille trois cents policiers d'ici 2020 dans 60 zones ?
    Clairement dit, cela fera environ 22 policiers supplémentaires
    sur une zone, et donc un peu plus de 7 par an... Une mesure très insuffisante si le terrain n'est pas, au préalable, largement
    assaini... et que la justice soit enfin rendue par rapport aux
    faits et contexte, pas dans le déni ni l'angélisme !
    Par ailleurs les moyens policiers sont trop souvent limités, en effectifs en particulier, pour répondre à la véritable guerre que
    se livrent les bandes rivales - plus nombreuses que les effectifs policiers de toute façon - dans les banlieues ou arrondissements
    des grandes villes.
    Enfin, sans réactions vigoureuses et continues, ce fléau social
    se développera d'une manière exponentielle sans une action de fond
    qui doit répondre à l'occupation des "jeunes" ! Malheureusement,
    l'Etat, s'il ne peut pas tout, en est grandement responsables...

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