Revue de presse - Peuple de France: Marin, l’autre héros français

samedi 12 mai 2018

Marin, l’autre héros français

Marin
Tabassé puis laissé pour mort à Lyon alors qu’il défendait des amoureux qui s’embrassaient, Marin est depuis lourdement handicapé. A l’époque des faits, en novembre 2016, ni les grands médias ni François Hollande n’avaient jugé bon de s’émouvoir de son cas. Alors que son agresseur vient d’écoper de la moitié de la peine requise par l’avocat général, l’affaire Marin témoigne de plusieurs dénis français.

La vie de Marin a basculé le 11 novembre 2016 lorsque, prenant la défense d’un couple d’amoureux  pris à parti très agressivement parce qu’ils s’embrassaient, par ce qu’il est de coutume d’appeler euphémiquement des « jeunes » dans le quartier de la Part-Dieu à Lyon, il est victime de coups d’une rare violence et laissé pour mort. Très nombreux furent ceux qui suivirent avec émotion son combat héroïque pour ne pas mourir, pour revenir du coma et peu à peu tenter de se réapproprier les choses les plus élémentaires de la vie. Ce jeune homme brillant, sympathique et dévoué, étudiant en 3ème année de droit, titulaire d’un baccalauréat avec mention très bien, amoureux de sa petite amie présente au moment de la sauvage agression, bon fils, frère aimant, joueur de foot et fan inconditionnel de l’ASSE qui le soutiendra dans sa convalescence, va lutter en champion, point par point, pied à pied, pour tenter de se reconstruire en dépit des très graves et irréversibles séquelles qu’il conserve de l’insupportable attentat contre la vie dont il a été victime.


Curieusement pourtant, son sort ne semble pas beaucoup émouvoir les pouvoirs publics ni le chef de l’Etat de l’époque François Hollande, plus prompt à se rendre, avec le ridicule et coupable empressement qui l’avait déjà caractérisé au moment de l’affaire Leonarda, au chevet d’un Théo plus que douteux. D’un côté, un fait de délinquance ordinaire érigé en combat social mystificateur et victimaire, de l’autre un acte de bravoure et de résistance face à l’ensauvagement de la société largement passé sous silence afin de ne pas « faire le jeu »…

Marin, c’est le Arnaud Beltrame de la société civile, du quotidien de si nombreux Français confrontés à la violence, à la régression de la civilité dans l’espace public, à ce terrorisme de basse intensité de la sauvagerie qui rend le « vivre-ensemble », au nom duquel pourtant il se répand, impossible. 


Déni quant aux causes de l’agression tout d’abord, dont il aura été urgent de taire le motif déclencheur. Car il ne s’agit pas d’une banale altercation requalifiable en simple bagarre de rue qui aurait mal tourné ou en fait divers tragique : il s’agit d’un véritable problème social de régression des mœurs qui conduit des pans croissants de la population à considérer comme abominablement impudique et intolérable qu’un couple s’embrasse, que l’amour et les individus soient libres. Cet aspect de la réalité a été promptement passé sous silence alors qu’il constitue pourtant la source du problème ici posé, la cause de cette même violence que subissent de nombreuses jeunes filles dans de nombreux quartiers, qualifiées d’impudiques selon exactement la même rhétorique si elles osent présenter leur corps non dissimulé dans l’espace public.

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