Revue de presse - Peuple de France: CLIENTÉLISME, EMPLOIS FICTIFS ET RÉMUNÉRATIONS INDUES : DE LOURDS SOUPÇONS PÈSENT SUR LA MAIRIE DE BOBIGNY

Recherche sur le web

dimanche 18 mars 2018

CLIENTÉLISME, EMPLOIS FICTIFS ET RÉMUNÉRATIONS INDUES : DE LOURDS SOUPÇONS PÈSENT SUR LA MAIRIE DE BOBIGNY


StreetPress a consulté un rapport confidentiel de la Chambre régionale des comptes d'Ile-de-France. Sur 186 pages, la très sérieuse institution pointe de nombreux et grave dysfonctionnements à la mairie de Bobigny.


C’est un document au vitriol : soupçons d’emplois fictifs, conflits d’intérêts, clientélisme électoral, rémunérations indues, recrutements opaques… Sur 186 pages, la Chambre régionale des comptes d’Ile-de-France (CRC) étrille la municipalité de Bobigny (93), dirigée depuis les dernières élections par le maire UDI Stéphane de Paoli.

DES ÉLUS GRASSEMENTS INDEMNISÉS

Le 31 mars 2014, l’UDI prend la mairie, mettant fin à près d’un siècle de communisme. Arrivée aux affaires, la nouvelle majorité décide de s’augmenter. La Chambre régionale des comptes (CRC) rapporte ainsi que l’enveloppe consacrée à indemniser les élus a progressé de 34,5 pour cent en moins de quatre ans. Coût total de l’opération, 132.423 euros.

Ces largesses ne s’arrêtent pas aux élus. Depuis l’arrivée de De Paoli, la municipalité aurait embauché plusieurs personnes en contournant les procédures légales de recrutement, à des conditions extrêmements favorables. La CRC pointe 12 dossiers « qui témoignent d’un recrutement fléché, effectué dans des conditions irrégulières ». Des pistonnés, en clair.

SOUPÇONS D’EMPLOIS FICTIFS

Pour deux d’entre eux, « l’absence prolongée du poste de travail, [autorise] à douter de la réalité des fonctions exercées ». En clair, selon la CRC, il pourrait s’agir d’emplois fictif… Pour Stéphane De Paoli, « une absence fréquente voire permanente aurait sans doute depuis 4 ans été dénoncée de manière virulente et circonstanciée par la section CGTdes territoriaux de la ville ». Circulez, il n’y a rien à voir. Pourtant à Bobigny, payer des salariés qui ne se présentent pas sur leur lieu de travail semble être entré dans les habitudes 

« En 2014, 48 agents, soit près de 5% de l’effectif total, étaient rémunérés par la commune alors qu’ils n’avaient pas de fonctions identifiés, qu’ils n’étaient plus médicalement aptes à assumer leurs fonctions ou ne se présentaient plus sur leur lieu de travail. »

CLIENTÉLISME ÉLECTORAL


Parmis les nouveaux arrivants aux services municipaux de Bobigny, certains pourraient, selon la CRC, avoir obtenu un poste en remerciement de leurs bons et loyaux services pendant la campagne électorale. Sur près d’une page, l’institution détaille le cas de Kamal Moumni (2). En février 2014, celui qui a grandi au pied des tours de la cité Karl Marx annonce sa candidature aux municipales, sous l’étiquette de l’Union des démocrates musulmans de France (UDMF, qu’il aurait quitté depuis). Au Parisien, (link is external) il jure alors refuser l’appel du pied d’un autre parti :

« On voit bien que cela fait peur et qu’on souhaite que nous ne présentions pas de listes. »

Une déclaration qui fera long feu. Au dernier moment sa candidature est invalidée, (link is external) car le Balbynien a… oublié de s’inscrire sur les listes électorales ! Il décide alors de soutenir la liste UDI. Un pari payant puisque début 2015 il est recruté comme « chef de projet événementiel » à la mairie de Bobigny. Une embauche qui fait tiquer le préfet : rien n’indique que cet ancien chauffeur de taxi a la moindre compétence dans le domaine. En guise de réponse au courrier de la préfecture, Moumni a, selon la CRC, « produit une lettre d’une société de production mentionnant sa participation à la logistique de deux concerts ». Et pourtant, sa rémunération mensuelle nette de 2.435 euros – plus la prime annuelle de 1.490 euros versée à tous les agents – correspond à 5 à 7 ans d’expérience à des « fonctions équivalentes ». Compétent ou non ? La question n’a, en fait, peut-être pas vraiment d’importance. Selon la CRC toujours, il ne s’est pas rendu à son bureau, « au moins à compter de juillet 2015 ». Il aurait pourtant été payé jusqu’au 15 mai 2016, terme de son contrat........

[...]

En savoir plus sur streetpress.com

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Participer à la discussion

Soutenez Peuple de France en faisant un don.



Articles à lire aussi