Revue de presse - Peuple de France: "votre silence en dit long sur votre tolérance face à la montée de l’islamisme." Lettre ouverte de Lydia Guirous à Marlène Schiappa

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samedi 10 mars 2018

"votre silence en dit long sur votre tolérance face à la montée de l’islamisme." Lettre ouverte de Lydia Guirous à Marlène Schiappa

Lydia Guirous, Porte-parole des Républicains

Madame la Ministre, il me semble nécessaire de vous ouvrir les yeux sur le recul de la mixité dans certains de nos quartiers.




Madame la Ministre,

Je n’aime pas la rumeur car ses effets peuvent être dévastateurs et ses conséquences irréversibles…mais je supporte encore moins l’hypocrisie et la lâcheté. A l’heure de la libération de la parole j’ai décidé de prendre la plume pour vous demander de cesser de retenir la vôtre, Madame la Ministre des Droits des femmes.

Non, ce n’est pas d’interventions tonitruantes sur des affaires judiciaires en cours que j’attendais votre expression. Comme beaucoup de femmes j’aurais aimé découvrir des propos forts et sans détour pour dénoncer un tabou encore trop présent en France : le harcèlement sexuel en politique et dans le monde de l’entreprise. C’est une réalité que l’on ne peut nier et vous aviez le devoir de briser ce tabou pour que la peur change enfin de camp. Comme beaucoup de femmes, j’ai eu à les subir, j’ai refusé et… j’ai perdu mon travail. J’étais jeune, sans expérience, j’étais vulnérable. Entourée et soutenue, j’ai eu la possibilité de dire non. Ce sont des moments douloureux, de doutes et de révolte. Mais toutes les femmes n’ont pas la possibilité de refuser : précarité, mono-parentalité, marché de l’emploi en berne, solitude et peur. Ces femmes sont malheureusement une majorité.

Ces comportements, nous devons les dénoncer car, au-delà de nos expériences personnelles, il s’agit d’apporter une protection, une reconnaissance aux femmes les plus vulnérables et de préserver les générations futures. Briser enfin le silence pour briser cet infâme tabou vestige d’une société où les femmes étaient, et sont considérées parfois encore, comme une anomalie sur le marché du travail et en politique. C’est le devoir de notre génération, c’est notre responsabilité de féministe, et c’était votre devoir de Ministre…Dont acte vous ne serez pas Françoise Giroud et encore moins Simone Veil. Mais plus grave, votre silence a muselé toutes les femmes victimes de la violence des « puissants ». En jetant un voile pudique sur le harcèlement sexuel et les abus de faiblesse en politique et dans l’entreprise, vous nous avez toutes trahies.

Mon combat pour les Droits des femmes ne date pas d’hier… Je suis toujours du côté de celles qui au quotidien se battent pour avancer et vivre librement ; Elles galèrent mais elles tiennent bon pour avancer et construire. Elles ne sont pas les « premières de cordées » chéries et portées aux nues par l’élitisme macroniste… Mais elles sont plus que cela, elles sont le cœur battant et l’avenir de la France. Elles sont ces femmes que votre gouvernement a oublié et ne cesse d’assommer en déconstruisant la politique familiale, en précarisant les emplois, en augmentant les taxes et en réduisant les APL...Ces courageuses du quotidien font face à la difficulté de vivre pleinement leur vie de femmes. Aujourd’hui, elles ont été trahies par votre politique ultra-libérale.

Par ailleurs, Madame la Ministre, il me semble nécessaire de vous ouvrir les yeux sur le recul de la mixité dans certains de nos quartiers. Pour que celle-ci demeure un acquis, nous devons défendre la place des femmes dans l’espace public. Celle-ci ne consiste pas à instrumentaliser le sexisme lorsqu’une représentante de la Nation dessert la cause des femmes en se présentant à la télévision dans une tenue – disons-le sans hypocrisie - indécente et inappropriée. Défendre la place des femmes dans l’espace public et la mixité, c’est défendre la laïcité et lutter contre l’islamisme radical qui est le premier péril pour les droits des femmes aujourd’hui en France. Que votre silence en dit long sur votre tolérance face à la montée en puissance de l’islamisme dans certaines communes. Mais que vos mots en disent plus encore sur votre penchant pour le relativisme : « interdire le voile est contraire à la loi de 1905 » remettant en cause ainsi à la courageuse loi de 2004, « interdire aux femmes voilées d’accompagner les sorties scolaires de leurs enfants ne relève ni plus ni moins de l’islamophobie » (lettre ouverte à Manuel Valls le 22 juillet 2014). Votre attaque à l’endroit de Manuel Valls, que vous aviez qualifié « d’islamophobe », et l’utilisation de ce terme, discrédite totalement vos potentielles actions en faveur de l’égalité hommes-femme et de la laïcité. En l’espèce, nous aurions préférez que vous optiez pour le silence.

L’islamisme ne tolère pas les femmes dans l’espace public autrement que couverte de la tête au pied et chaperonnées par un homme. L’islamisme impose une scission avec la République et endoctrine les enfants en voilant désormais les petites filles. Celles-ci sont condamnées à vivre dans la soumission à l’homme et dans la croyance que la femme serait inférieure et impure si elle n’est pas couverte… Madame la Ministre, à ce sujet aussi, j’aurais aimé une parole forte et sans détour de votre part.

J’aurais aimé que vous ayez le courage de dire que le voile est un instrument de soumission des femmes, un objet d’identification religieuse qui assigne les femmes à une identité religieuse radicalisée, un objet de propagande qui les condamne à vivre loin de la liberté et de l’égalité. Au moment où les iraniennes et tant d’autres femmes tentent de résister pour sortir du joug de l’islamisme qui les condamne à vivre dans une prison de tissu, la voix de la Ministre des Droits des femmes aurait été une lueur d’espoir ; l’expression d’un soutien et d’une solidarité pour les encourager à poursuivre sur le chemin de la liberté ; l’assurance que la France reste le pays des Lumières. Mais, là aussi, Madame la Ministre, vous préférez le silence.

Lydia Guirous
Porte-parole des Républicains

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