Peuple de France - Revue de presse française: Quand le gouvernement veut prendre l'argent des retraités qui ne vont pas se laisser faire

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vendredi 16 mars 2018

Quand le gouvernement veut prendre l'argent des retraités qui ne vont pas se laisser faire



La grogne des retraités grandit au fur et à mesure que les réformes avancent et qu’elles touchent notamment à leurs pensions.



Si, concernant la retraite, le projet actuel n’en est qu’aux prémisses de la réflexion et des études pour une réforme pas annoncée avant 2018, les retraités ne sont pas moins touchés par des réformes collatérales.

Il y a eu la réforme de la CSG, avec une hausse du taux de CSG prélevées sur les pensions, de 1,7 points, qui n’est compensée par aucune baisse de cotisations, à l’inverse des salariés.



Génération dorée ciblée par le gouvernement, qui considère que les retraités sont relativement dans une position confortable – le taux de pauvreté y est deux fois moins élevé que dans le reste de la population, et par rapport aux autres pays, les retraités français ont les plus hauts revenus de l’OCDE après le Luxembourg. Les justifications économiques sont nombreuses et le train des réformes, en passant, s’attaque à ceux jugés plus gatés que les autres, faisant naitre plusieurs points de grognes chez les concernés.



D’abord, la question du pouvoir d’achat. 


Amputé par la hausse de la CSG sans baisse correspondante, le pouvoir d’achat des retraités en moyenne va baisser de 345 euros par an. Et le niveau de vie d’aller de pair. Alors que le niveau de vie relatif des retraités avait beaucoup augmenté dans les années 70-80, pour stagner ensuite – avec un pic en 2018, il devrait maintenant suivre la tendance inverse et diminuer. Les pensions, du fait de l’afflux de nouveaux retraités, augmentent moins vite que les revenus d’activité.



Deuxième point : les revalorisations trop rares ou retardées. 


C’est notamment le cas pour les retraites agricoles, qui devaient voir leur pension augmenter de 116 euros – pour atteindre 987 euros. Ce n’était pas une mesure Macron, mais une mesure prise sous le quinquennat de François Hollande. Revalorisation bloquée par le gouvernement, qui ne veut pas toucher aux retraites avant d’y toucher sérieusement en 2020. En attendant, les pensions des retraités agricoles restent bien en deça du SMIC, à 871 euros.



Et enfin, il y a la réforme qui tentera de réaligner les régimes de retraites pour mettre en place un régime, et donc rapprocher les pensions du public sur celles du privé, et qui se fera forcément en défaveur de certains retraités. Alors, cela ne concernera pas les retraités actuels. Mais, selon une récente étude de l’IFRAP, l’organisme de recherche des administrations chargé des politiques publiques, indique que les retraités fonctionnaires pourraient eux aussi perdre en pension.

Ainsi, la perte nette pour les fonctionnaires est évaluée à 179 euros par mois. Les deux tiers des fonctionnaires, dont les cheminots et les enseignants seraient moins gagnants dans l’affaire par rapport au statut actuel tandis que les fonctionnaires des catégories C, du niveau des employés, seraient les seuls personnels gagnants.



Dans l’environnement actuel, les réformes s’enchainent et les verrous sautent. Les retraites sont un sujet essentiel, notamment pour rééquilibrer les comptes publics. Mais elles fonctionnent aussi comme des acquis à ne pas supprimer et des populations à préserver. Des populations qui consomment, voyagent, votent, transmettent et aident. Génération dorée ne rime pas toujours avec poids pour la société.

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