Peuple de France: Eric Ciotti : "Les retraités ne sont pas des vaches à lait !"

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jeudi 15 mars 2018

Eric Ciotti : "Les retraités ne sont pas des vaches à lait !"



Aujourd’hui, à Nice, place Garibaldi et un peu partout en France, nos retraités ont battu le pavé pour dire non matraquage fiscal qui ponctionne leurs pensions de retraite et massacre leur pouvoir d’achat, au premier rang duquel figure la hausse de 25% de la CSG pour 8,2 millions d’entre eux.




Dès l’annonce de cette mesure, je me suis opposé à cette injustice sociale qui fait de nos ainés de simples variables d’ajustement utiles à la politique fiscale du Gouvernement. J’ai lancé une pétition en octobre dernier qui a recueilli à ce jour près de 20 000 signatures et j’ai déposé un amendement au projet de loi de finances 2018 afin de supprimer cette disposition. Aujourd’hui, je suis dans les locaux de l’Association Entraide et Partage qui apporte aux séniors démunis des quartiers Est de Nice une assistance alimentaire, financière ou morale. Je suis dans ces locaux pour alerter le Président de la République sur la précarisation inquiétante et croissante de nos séniors.


Si Emmanuel Macron avait promis le 31 août 2017 dans les colonnes du Point que seuls les retraités « les plus aisés » seraient touchés et Edouard Philippe avait assuré dans une interview au Parisien, le 7 juin dernier, que « la CSG n’augmentera pas pour les 40 % de retraités qui touchent des petites pensions inférieures à 1200 euros » ; quelle fut la malheureuse surprise pour nombre de retraités de découvrir que même sous le seuil fatidique de 1200 euros, ils pouvaient être taxés. Le calcul ne prenant pas en compte la seule pension nette mais également le revenu fiscal de référence et le quotient familial du foyer.


Ainsi pour un couple de jeunes retraités avec une pension de 1000 euros nets chacun, les augmentations de la fiscalité décidées par Emmanuel Macron leur font perdre 646 euros en 2018.


Il suffit que nos retraités dont les pensions de retraite n’ont pas été revalorisées depuis 3 ans, soient considérés comme des vaches à lait. Mais sur quelle planète vivons-nous pour voir tant de haine déversée à l’égard de nos retraités ? Ils n’ont pas volé leur retraite, ils l’ont gagné par une vie de travail.


N’en déplaise à Monsieur Macron, les retraités qui touchent 1200 euros par mois ne sont ni des privilégiés, ni des « nanti ». Non, ces retraités ne sont pas cette « génération dorée » condamnée à renflouer les caisses de l’Etat.


Je connais bien ces retraités pris pour cible et je peux le constater chaque jour dans ma circonscription au cœur de Nice : ces retraités ne vivent pas dans l’opulence, ils ne résident pas dans des palaces. Ce sont des gens qui ont se sont levés chaque matin pour aller travailler et essayer de léguer un patrimoine, une histoire à leurs enfants. C’est cette même génération de « baby-boomers », prétendus enfants chéris des Trente-Glorieuses que beaucoup considère comme des « égoïstes » qui aujourd’hui accompagnent leurs propres parents très âgées, soutiennent leurs enfants dans leurs projets et leurs petits-enfants étudiants. Où est l’égoïsme ?


Le fardeau fiscal dont sont actuellement victimes nos retraités en dit long sur les valeurs de ce pouvoir qui prétend valoriser le travail et le mérite au détriment de ceux qui ont consacré leur vie à travailler.


Le vent de colère qui secoue nos retraités et intervient concomitamment au mouvement de protestation des personnels de l’aide aux personnes âgées dénonçant le scandale des EHPAD, nous interroge sur nos valeurs et sur la société que nous souhaitons pour demain. Voulons-nous, pour nos enfants, d’une société sans valeur, sans respect, sans racines ? Sommes-nous prêts à voir disparaître cette solidarité intergénérationnelle si essentielle à notre cohésion sociale ?


Je suis personnellement convaincu qu’un grand pays se juge à la façon dont il traite ses aînés. Et cela commence par nos retraités !

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