Peuple de France: Surveillante pénitentiaire lyonnaise agressée : l’affaire classée sans suite

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samedi 3 février 2018

Surveillante pénitentiaire lyonnaise agressée : l’affaire classée sans suite

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Caroline* est surveillante pénitentiaire. Pour LyonMag, elle revient sur son traumatisme vécu en prison alors qu’un mouvement social a débuté mi-janvier chez les matons.



Cette Lyonnaise d’origine est revenue dans la capitale des Gaules après un traumatisme vécu dans le cadre de son travail à la prison de Bois-d’Arcy, dans les Yvelines, où elle n’est restée que 2 ans et demi.

Début avril 2016, au moment de la sortie des détenus pour la promenade, l’un d’eux lui assène un violent coup d’épaule qui la projette à terre. Dès qu’un incident semblable se produit en milieu carcéral, les différentes parties du bâtiment sont isolées. Ainsi, le chef de la détention et d’autres surveillants ont pu dégager Caroline assez rapidement, malgré "les insultes et les crachats". Le prisonnier est immédiatement conduit en quartier disciplinaire tandis que Caroline est amenée dans un fourgon pénitentiaire jusqu’au commissariat de Fontenay-le-Fleury pour déposer plainte. Non sans qu’auparavant, la DRH de la maison d’arrêt lui demande de ne pas aller porter plainte : "car ce n’est pas la peine".



Plus tard dans la journée, elle retourne à la prison "en tentant de faire abstraction de l’agression du matin". Caroline fait ses heures sans vraiment ressentir la douleur. Une fois rentrée chez elle, "le contre-coup" se fait alors ressentir. Après une nuit sans dormir, elle se rend chez son médecin traitant.

Pour une luxation, elle obtient alors une ITT de 7 jours, "sous réserve d’aggravation" selon le médecin. Selon la vicitme, c'est même 21 jours d'ITT qui sont inscrits dans le dossier. L’arrêt maladie durera lui 6 mois à cause d’une vive douleur, mais également de symptômes anxiodépressifs. Pour se remettre du traumatisme, un antidépresseur lui sera même prescrit durant de longs mois mais aussi près d’une vingtaine de séances de kiné.

Elle revient à Bois d’Arcy six mois après l’agression. Durant les six mois suivants, elle bénéficiera d’un aménagement de poste prescrit par son médecin, dans un quartier hors détention, avant de partir en congé maternité puis d’être mutée à la prison de Corbas, près de Lyon.



Depuis son dépôt de plainte, Caroline n’avait eu aucune nouvelle concernant l’avancée de la procédure. Jusqu’à ce 2 janvier, lorsqu’une lettre lui annonce que l’affaire est classée sans suite par le parquet de Versailles. Une "décision aberrante" pour son avocat, maître Geloso. Pour comprendre cette décision de justice, et pouvoir la contester, l’avocat devra attendre environ 1 an avant de recevoir le dossier d’enquête. Entre-temps, il compte se tourner vers la Commission d'indemnisation des victimes d'infractions pénales pour demander des dommages et intérêts.



Contacté par notre rédaction, le parquet de Versailles n’a pas donné suite à nos demandes. Aucune explication sur le pourquoi de cette décision ne nous a été communiquée.



Cette affaire intervient en plein conflit dans les prisons françaises ces derniers jours. Les surveillants pénitentiaires demandaient plus de moyens pour exercer leur profession. Cette mobilisation, la plus importante en un quart de siècle avait été lancée le 11 janvier après l’agression de trois surveillants à Vendin-le-Viel dans le Pas-de-Calais. Le gouvernement avait annoncé des mesures pour tenter de résoudre la situation et notamment la création de 1 100 emplois supplémentaires et une enveloppe de plus de 30 millions d’euros pour les indemnités. Des propositions qui n’ont pas satisfait les organisations syndicales.

Caroline, de son côté, déplore que les seuls instruments à sa disposition pour se défendre sont "une radio alarme et le courage allié à la fierté de faire ce métier".

*le prénom a été changé pour tenter de préserver l’anonymat


Julien Damboise pour lyonmag.com

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