Revue de presse - Peuple de France: Témoignage d'un policier: « J'ai vu la mort en face »

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vendredi 12 janvier 2018

Témoignage d'un policier: « J'ai vu la mort en face »


Incivilités et agressions sont trop souvent le lot des forces de police dans leurs missions quotidiennes. *Patrice, qui a failli périr noyé lors d’une interpellation, témoigne cinq ans après.



« Cela s’est passé il y a cinq ans, mais cela me paraît toujours très proche. C’était une nuit d’été, vers trois heures du matin. Un individu, évadé de prison, recherché pour de nombreux délits, est repéré à Brest. Nous le localisons dans le cadre d’une patrouille de la brigade canine, mais il réussit à prendre la fuite à bord d’une voiture.

Une course poursuite s’engage à travers la ville. Il ne faut pas le lâcher. Nous sommes deux à bord de la voiture de police. Ils sont autant en face. Nous lançons l’alerte et demandons des renforts, mais nous jouons de malchance. La Bac (N.D.L.R. la Brigade anticriminalité), l’autre équipe en patrouille, était tombée en panne de voiture juste avant.

Nous n’avons aucun moyen d’arrêter les fuyards, de bloquer la voiture, de les neutraliser. Nous n’avons pas non plus de Stop stick (N.D.L.R. herse américaine à jeter sous les roues du véhicule pour crever les pneus), comme c’est le cas maintenant. L’équipée se poursuit donc et se termine sur une plage, près du Minou. À cet endroit, la radio police ne passe plus.

Le conducteur sort de sa voiture en courant et je le poursuis. Je le rattrape dans 20 cm d’eau. L’homme se sent acculé. Il se retourne contre moi et essaye de me frapper à différentes reprises avec ses poings. J’évite les coups, mais il réussit à me faire trébucher. Et là, tout va très vite. La marée monte… Je tombe et il me maintient la tête sous l’eau. De son côté, mon collègue est retenu par l’autre individu toujours dans la voiture.

Je vois la mort en face. C’est très violent. Je réussis à me dégager en le frappant à la tête avec ma matraque télescopique, mais il revient à la charge. C’est du corps à corps. Il m’enfonce de nouveau la tête sous l’eau.

Finalement, je réussis à le faire basculer sur le dos et à le maîtriser en lui passant des menottes. On arrive à un moment où on ne pense plus qu’à sauver sa peau. C’est l’instinct de survie qui prime.
Flambée de violence

L’homme a été jugé une première fois. Il a fait appel et c’est seulement là qu’il s’est excusé.

*Patrice est un prénom d’emprunt, NDLR.

[...]

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