Revue de presse - Peuple de France: Suicides de policiers. « Tout est fait pour dissimuler les vraies raisons de ce malaise profond »

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vendredi 5 janvier 2018

Suicides de policiers. « Tout est fait pour dissimuler les vraies raisons de ce malaise profond »

Des policiers. Image d'illustration.

Trois policiers se sont donnés la mort avec leurs armes de service, depuis le début de l’année 2018. Un lourd bilan pour commencer l’année, alors que 65 policiers et gendarmes se sont suicidés en 2017.


Pour certains policiers, qui ont perdu des proches ou des collègues ces derniers mois, leur hiérarchie fait tout pour masquer les vraies raisons de ces suicides. Breizh-info fait le point sur un phénomène particulièrement sensible.

Mardi, c’est un policier d’Escautpont (Nord), père de famille, âgé de 54 ans et travaillant à la CRS 11, située à Lambersart (Nord). Lundi, c’est un policier de 38 ans, qui était père de trois enfants et travaillait à la brigade de nuit du commissariat de Dunkerque (Nord), tandis que le troisième était affecté à Quimper (Finistère) et s’est donné la mort à son domicile avec son arme de service, ce lundi soir.

Si les différents syndicalistes contactés évoquent un malaise au sein des forces de l’ordre, ils refusent de «créer la polémique » car visiblement, le mal est bien plus profond. « La plupart des collègues que j’ai connu et qui ont mis fin à leurs jours étaient des hommes intègres, qui faisaient bien leur boulot, mais qui étaient en conflit avec leur hiérarchie » nous explique ce policier en poste dans la Manche.

Pour lui, l’administration dissimule – parfois en évoquant des conflits conjugaux – d’autres raisons, moins avouables. 
« Il y a des collègues qui ne supportent pas l’injustice et qui vivent mal certaines consignes qui sont données, et certaines choses qui doivent être passées sous silence à cause des ordres venant d’en haut . Quand vous lisez qu’un collègue s’est donné la mort pour des raisons conjugales, vous pouvez déjà être en droit de douter. Tout est fait pour dissimuler les vraies raisons de ce malaise profond Mais même entre nous, on ose pas trop en parler.».

Quels secrets ? Quelles consignes venant d’en haut ? Difficile de le savoir précisément, difficile de faire parler « la grande muette ». Toutefois, chaque policier que nous avons pu interroger – y compris brièvement – témoigne d’un malaise vis à vis de l’administration qui les dirigent, mais aussi un malaise politique.

« C’est difficile à vivre de se demander au quotidien à quoi nous servons. D’avoir l’impression que nous n’avons le contrôle de rien », nous confie un autre policier en Bretagne qui comprend « qu’on puisse péter les plombs ». « Voir des délinquants nous narguer à longueur de journée car ils savent qu’on ne peut rien faire. Se faire insulter en permanence. Ne pas être soutenu par sa hiérarchie, et même désavoué à la première attaque médiatique. C’est dur. Regardez comment ils ont sali les collègues pour l’affaire Théo et comment ils ont fait de cette petite frappe un héros. Vous avez vu Macron au chevet de la collègue lynchée à Champigny vous ? Comment voulez vous que l’on travaille sereinement ».

Sont pointés du doigt également des manques de moyens, et un travail qui, au quotidien devient de plus en plus difficile.

Dans un sondage en 1975, 63 % des Français jugeaient la police « efficace », un chiffre tombé à 50 % en juin 2015. De même, à la question « Que vous inspire spontanément la police ? », 53 % des Français répondaient « de la confiance » en 2012, alors qu’ils ne sont plus que 47 % dans ce cas en 2015. Au détour des chapitres, on apprend par ailleurs que 25 % des Français estiment que la police n’est pas là quand ils ont besoin d’elle (un chiffre qui grimpe à 40 % en Seine-Saint-Denis). Autant de données qui montrent une stagnation, voire une régression de la confiance des Français dans leur police.

Et si les manifestations de septembre 2017 n’étaient que les prémices d’une colère bien plus importante et profonde chez les forces de l’ordre ? Avec le divorce entre les citoyens et leurs représentants politiques qui semble consommé depuis qu’une Assemblée nationale a été élue en 2017 par une minorité de Français, la France ne semble pas engagée sur une voie très « apaisée ».

Source: breizh-info.com

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