Revue de presse - Peuple de France: Langourla: L’accueil de migrants proposé en conseil municipal provoque la colère de nombreux habitants

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mercredi 10 janvier 2018

Langourla: L’accueil de migrants proposé en conseil municipal provoque la colère de nombreux habitants

Photo : Google streetview


Le projet porté par le conseil communal de Langourla d’ouvrir un centre de migrants dans l’ancienne commune sera soumis au vote des conseillers municipaux. A Langourla, de nombreux habitants sont inquiets et en colère. Explications.




Nous avions évoqué le silence qui régnait la semaine dernière à propos du projet d’accueil de migrants dans l’ancienne maison de retraite de Langourla, petite commune de 522 habitants située dans les Côtes-d’Armor désormais fusionnée avec d’autres pour former Le Mené (6 398 habitants).

On en sait désormais beaucoup plus. Nous avons en effet la confirmation qu’un conseil municipal se tiendra, le 17 janvier prochain à Collinée – ville où siège le CM du Mené – au centre culturel Mosaïque. Le 17 janvier, et non pas le 11 janvier, comme il était indiqué jusqu’à hier sur le site Internet du Mené .

A cette occasion, le projet porté par le conseil communal de Langourla d’ouvrir un centre de migrants dans l’ancienne commune sera soumis au vote des conseillers municipaux. A Langourla, de nombreux habitants sont inquiets et en colère. Explications.

Tout d’abord, un conseil communal informel s’est bien déroulé début janvier, durant lequel Michel Ulmer, ancien maire, a présenté ce projet validé par tous les anciens conseillers municipaux exceptés deux. Dans la foulée, c’est le CCAS (Centre communal d’action sociale) du Mené qui a, lors de son conseil d’administration du 8 janvier, validé la chose.

Michel Ulmer nous l’a d’ailleurs confirmé directement par téléphone, nous expliquant qu’à aucun moment, il n’a voulu cacher quoi que ce soit à la population, mais qu’il voulait simplement l’informer en premier le samedi, jour des vœux (et de la sortie de notre article).

Concernant le projet, il s’agit tout simplement d’accueil dans l’ancienne maison de retraite, qui possédait 20 places, de migrants, vraisemblablement à partir du mois de juillet 2018. Le conseil municipal du Mené devrait valider la proposition le 17 janvier prochain, dans un conseil municipal qui s’annonce déjà animé car la population ne semble pas l’entendre de cette oreille. Certains n’ont d’ailleurs pas apprécié la présence d’un gendarme lors des vœux de l’ancien maire de Langourla, samedi dernier, ce qui selon certains dires est exceptionnel.

Une fois la validation – si elle a lieu malgré la contestation – en conseil municipal, c’est l’association Amisep, financée sur fonds publics et qui gère en partie l’immigration dans la région, qui devra déposer un dossier de candidature. L’association sillonne en effet la Bretagne à la recherche de locaux pour y loger un maximum de migrants – ce qui empiète largement sur sa fonction originelle qui était d’aider les populations précaires françaises. Tout en menant des réunions d’information (ou pas d’ailleurs) pour éclairer les habitants de la commune. Dans tous les cas, la décision finale reviendra au préfet.

Si un tel dossier était validé, le centre d’accueil de migrants jouxterait l’école du village, dans le bourg. Les migrants seraient donc potentiellement en contact avec les enfants de la commune.

« Il faut se mobiliser pour empêcher ce projet décidé dans notre dos» nous confie un habitant de longue date. « Il y avait tellement d’autres choses à faire que ce projet, avec ces bâtiments » peste-t-il. «Il faut montrer aux pouvoirs publics qu’ils ne pourront rien faire sans l’aval de la population. Nos élus n’ont pas été élus pour l’accueil de migrants », nous dit cette mère de famille en colère.

L’accueil des migrants pour rentabiliser une mauvaise opération immobilière ?

Derrière ce projet scabreux – il faut imaginer la quiétude et la désertification, y compris économique, de ce bourg du centre Bretagne qui ne semble intéresser les autorités que pour y reloger des gens venus d’ailleurs… – se cacherait une mauvaise opération immobilière, ou tout du moins de mauvais calculs.

En 2014, avant la fusion des 7 communes (qui au passage sont éloignées les unes des autres et n’ont pas d’histoire locale en commun) la mutualité qui gérait l’ancienne maison de retraite des Camélias annonce sa fermeture prochaine, et sa fusion (son regroupement) avec deux autres sites du secteur. Une bonne partie des pensionnaires sont allés à Ereac.

L’ancienne municipalité tente alors une négociation avec le conseil départemental des Côtes d’Armor (à majorité de gauche à l’époque) mais aussi avec la mutualité pour pouvoir garder les 20 places pour les personnes âgées au sein de la communauté de communes. Sans succès.

Puis elle décide alors, sans même prévoir ce qu’il adviendra de ce bâtiment, de le racheter pour 450 000 euros – qui pèsent encore aujourd’hui dans les charges de la commune. La transaction est finalement achevée – après un imbroglio administratif, à la fin de l’année 2016, l’établissement étant donc la propriété de Le Mené. Avec en tête l’idée d’en faire un centre EPHAD pouvant accueillir des personnes atteintes d’Alzheimer. Mais sans avoir consulté au préalable l’ARS, l’Agence régionale de santé, qui retoque en juillet 2017 – après la fusion des 7 communes donc – le projet arguant de la nécessité pour un tel centre d’être associé avec ceux de Plessala et Colinée, communes voisines.

Retour au point de départ donc.

Selon l’ancien maire de Langourla, Michel Ulmer, des solutions ont été recherchées pour combler ce lourd passif, et notamment la transformation en centre de tourisme (ou en centre hôtelier) ou la recherche d’un porteur de projet sérieux (pour y faire un foyer de jeunes travailleurs par exemple). Pour ce dernier exemple, c’est encore l’ARS qui a retoqué l’idée, invoquant suffisamment de places dans les Côtes d’Armor pour ce public, tout comme pour l’accueil d’un public handicapé…

Ces propositions sont donc vites abandonnées au profit de celle, lucrative pour la commune, de l’accueil de migrants. Entre 30 000 et 40 000 euros par an estimés (pour la location du bâtiment). De l’argent public donc (puisque l’État mandate l’Amisep) qui servira donc à combler…un déficit public ! Joli tour de passe passe.

Quoi qu’il en soit aujourd’hui, si le projet est définitivement validé, les premiers migrants pourraient arriver dès juillet – et le nombre record de demandes d’asile effectuées en France en 2017 n’est pas pour laisser à penser que cet accueil soit simplement temporaire. A moins que la mobilisation locale fasse capoter ce projet – les élus risquent très gros pour certains alors que les élections municipales de 2020 se profilent.

Dans tous les cas, des réunions publiques devraient être organisées. Et pourquoi pas un référendum ? Monsieur Ulmer ne semble pas très convaincu par cette solution : « les électeurs élisent les élus pour qu’ils les représentent. On ne prendrait jamais aucune décision si on devait faire un référendum à chaque fois, nous n’avancerions pas beaucoup ».

Concernant la sécurité, et bien que des rapports, en Allemagne notamment, fassent état de la hausse de la délinquance consécutive à l’arrivée de migrants dans le pays, M. Ulmer se veut rassurant : « Ce sera un CADA, c’est à dire que les gens vont faire des démarches, à St-Brieuc ou même à Paris, pour obtenir des documents administratifs. Ils vont donc se tenir à carreau ».

Pas sûr que l’argument suffise à convaincre les habitants du bourg… A noter que du côté du député de la circonscription, Marc le Fur, c’est silence radio depuis plusieurs jours. Du courage en politique...

Source: breizh-info.com

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