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lundi 22 janvier 2018

Espérance de vie de 64 ans, taux de suicide record, Un gardien de prison témoigne



Il aura fallu une énième tentative d’assassinat sur des surveillants de prison par un détenu convaincu de terrorisme, pour que cette profession puisse enfin se faire entendre.



Notons que ce n’est qu’après une semaine d’euphémismes, que la presse timorée aura qualifié l’acte commis par un terroriste allemand à la prison de Vendin-le-vieil, non plus d’agression mais de tentative d’assassinat, tandis qu’elle hésite encore pour parler d’attentat islamiste dans le cas la prison de Borgo.

On connaît les arguments qui circulent abondamment dans la presse et qui consistent à faire des détenus des victimes : la surpopulation carcérale, l’internement des malades mentaux plutôt que les soins, la prison comme cause de radicalisation de détenus jusque là bien sous tous rapports, les fouilles au corps humiliantes, la mise à l’index des prisons françaises par les instances européennes. Ce qui revient de fait à considérer implicitement les surveillants comme des coupables. Le surveillant, le maton, est le bouc émissaire de notre société comme le bourreau était celui des temps plus anciens.

On pourrait avancer que si les prisons sont surpeuplées, c’est peut-être parce que la criminalité est exponentielle dans notre pays ou – les deux ne s’excluant pas – parce que les gouvernements successifs se sont refusés à construire des prisons afin de répandre l’usage des peines de substitution. On pourrait également se demander si la diminution des lits en hôpital psychiatrique est le résultat de sordides mesures d’économie, ou de cette même idéologie qui refuse d’envisager tout ce qui est assimilé à de la répression, hérité de la période soixante-huitarde de l’anti-psychiatrie.

En attendant, les surveillants pénitentiaires sont invités sur les plateaux télé, et ô surprise, on découvre des hommes courageux, lucides et humains qui ont vite fait de réduire les clichés de leurs détracteurs à leur juste place, celle des préjugés de la pensée toute faite.




C’était le cas de Jean-François Forget, secrétaire général du syndicat UNSA/UFAP, invité de l’émission de Laurent Ruquier, On n’est pas couché, qui a su très vite, forcer le respect du plateau, et fait changer de ton ou imposer le silence à ses détracteurs, aidé en cela – rendons-lui justice – par Christine Angot qui interrompt l’agressive logorrhée de l’une des invités, Sophia Chikirou, co-fondatrice du tout nouveau journal de la gauche alternative, Le Media, plus prompte à asséner de sempiternels clichés qu’à écouter un témoin de confiance. Je n’accepte pas le discours…, s’exclamera-t-elle, avant d’être enfin interrompue. Phrase stupéfiante de la part de la créatrice d’un journal.

Yann Moix, qui s’en voudrait d’avoir l’air complaisant, tente de mettre Jean-François Forget en difficulté. Il connaît l’homme qui connaît l’homme qui a vu l’ours et entreprend de dénoncer l’univers concentrationnaire que sont d’après ses sources indirectes.

Sans jamais se départir de son calme, de l’assurance de quelqu’un qui parle avec son vécu, le représentant des surveillants pénitentiaires procède à une remise dans le bon sens du quotidien des prisons : les détenus ne sont pas des victimes. Ce sont eux les agresseurs.

Ce sont les surveillants qui subissent crachats, injures, menaces, coups, comme tout récemment la gardienne de la prison de Tarascon, agressée par un détenu qui voulait frapper une femme.

Non les fouilles au corps ne sont pas systématiques, non elles ne sont le fait de matons sadiques et salaces qui commettraient sur les détenus des actes innommables, comme les en avaient accusés des parlementaires.

Non, les prisonniers ne se radicalisent pas en prison, qui comptent 50 détenus inculpés de terrorisme mais 1200 suivis pour radicalisation.

Oui les surveillants gèrent la surpopulation carcérale, résultat d’une politique.

Oui, ils préviennent de nombreux suicides.

Oui, ils se suicident souvent. Oui, l’espérance de vie dans la profession est de 64 ans seulement.

Oui, il existe des surveillants qui se radicalisent au fil des années.

Inquiétant état des lieux qui bouscule les clichés confortables hérités d’une vision romantique du condamné et de la prison. Non, le prisonnier n’est pas un Jean Valjean.

Sur le plateau de l’émission de Ruquier, le silence qui suit cet exposé des faits est éloquent ; le message a été entendu et a porté.

Enfin, je me permettrais d’ajouter que, si la double peine a été supprimée pour les coupables, elle ne l’est pas pour les surveillants. Comme le disait un représentant de FO dans une autre émission, les Grandes gueules, les gardiens reçoivent des coups à l’intérieur de la prison mais aussi à l’extérieur. Le gouvernement qui épargne les zadistes et les migrants illégaux, n’hésite pas à envoyer les forces de police contre les gardiens qui se font gazer et matraquer.

Florence Labbé pour ripostelaique.com

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