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mardi 30 janvier 2018

Goldnadel : «Yann Moix est un idiot utile de la cause migratoire»

Gilles-William Goldnadel.


À la suite de la tribune publiée dans Libération pour dénoncer de supposées violences policières à Calais, Gilles-William Goldnadel regrette que Yann Moix gaspille son talent dans d’odieuses et calomnieuses dénonciations.



Ce sont toujours les garçons intelligents qui se conduisent comme des idiots utiles. Sinon l’idéologie dominante du moment ne les utiliserait pas. Prenez Yann Moix: qu’est-ce qui a bien pu le pousser à sortir pareille énormité que de prétendre que la France et son président seraient tombés en barbarie?

Mettons de côté l’hypothèse du désir de paraître ou du narcissisme esthétique, qui relève du procès d’intention et de la spéculation intellectuelle un peu vulgaire.

Il n’en demeure pas moins que soutenir sérieusement que les policiers français auraient commis des actes de torture barbares en utilisant des gaz lacrymogènes contre les migrants de Calais participe, littéralement, du discours névrotique.

De la malhonnêteté intellectuelle aussi, qui fait fi des circonstances d’utilisation d’un matériel classique pour réprimer les manifestations. Comme il l’a été souvent écrit depuis, les participants à la Manif Pour Tous n’ont pas bénéficié d’une égale compassion.

Grâce soit rendue à Fabien Sudry, préfet du Pas-de-Calais qui, délaissant un peu la posture convenue du haut fonctionnaire, a su, en termes précis et vigoureux, régler leur compte aux approximations et aux contrevérités du précité: «Il y a à l’évidence deux Yann Moix, le premier, à qui j’ai parlé au téléphone, qui m’expliquait en s’excusant qu’il avait été «outrancier» sur le plateau d’«On n’est pas couché» et mentionnait que «quelques pourcentages seulement» des images qu’il avait filmées montraient ce qu’il appelait des «violences policières, et le second, auteur d’un brûlot dans Libération, qui semble découvrir qu’il est très légitimement fait usage proportionné de gaz lacrymogènes à chaque fois que cela est nécessaire pour empêcher l’intrusion de migrants dans le tunnel sous la Manche ou dans le port de Calais… ou pour protéger les transporteurs routiers».

Même dans Libération, on confirme exactement ce qui précède. C’est ainsi que dans une tribune du 26 janvier, Julien Pouyet de la rédaction de Nord littoral écrit: «Yann Moix, dans votre tribune, vous n’évoquez pas la violence des migrants, les barrages réguliers sur les routes, les caillassages. Vous n’avez pas filmé ces images qui sont aussi une partie de la réalité que vous ne décrivez pas. Vous oubliez les Calaisiens, les riverains que l’on a laissés pendant de longs mois livrés à eux-mêmes, face à la jungle et ses dix mille migrants, face à une pression migratoire sans précédent, sans réponse de l’État. Yann Moix, dans l’émission «Quotidien» de Yann Barthez, vous avez lancé un appel à témoins d’actes de violences policières envers les exilés. Pour être équilibré, votre propos aurait dû s’accompagner d’une demande pour réunir les mêmes documents visant à prouver qu’il y a aussi des actes de violence des migrants envers les policiers et les Calaisiens et également des actes de violence de migrants entre eux!»

Les faits étant posés, je voudrais d’abord expliquer pourquoi je n’hésite pas à qualifier le discours de Moix de littéralement «névrotique». À longueur d’articles, j’écris dans ces colonnes que la volonté d’empêcher, au moyen de tous les actes ou arguments, le peuple français, son État, sa république et ses lois de réguler l’entrée des étrangers sur le territoire national est issue du traumatisme de la Seconde Guerre mondiale. Plus qu’un autre, Yann Moix est hanté par le drame de la Shoah. Il lui est arrivé d’écrire ou de dire, avec courage et passion, sur le peuple juif ou sur Israël des choses très touchantes. Malheureusement, et il n’est pas le seul, sa vision fantasmée du passé déforme caricaturalement le présent. Au risque, mais il ne le comprend désespérément pas, de le faire revivre autrement.

Ainsi sa vision des actes de la police française, qu’on croirait extrêmement droit sortie d’une histoire de la Milice.

Ainsi de l’usage sans économie du mot de barbarie.

Ainsi, de l’emploi subliminal, caricatural, grotesque, saugrenu, inconvenant, du gaz, et des larmes des enfants migrants étrangers pour disqualifier le pouvoir policier.

Sorte de remake grossier du «CRS-SS» par un soixante-huitard attardé.

Ainsi encore, de cette dilection caractéristique pour l’altérité, cette sollicitude à sens unique envers le clandestin étranger dans l’illégalité, dénuée de tous égards pour ces soutiers de la république que sont les policiers, dont 4600 ont été blessés cette année.

Qui s’est vraiment conduit en bourgeois à Calais?

Enfin, je veux écrire que, volontairement ou non, je ne sais, Moix se comporte en idiot très utile de la cause migratoire sans freins. Au moins, M. Martinez a eu la rude franchise prolétarienne et internationaliste de reconnaître souhaiter voir tous les migrants qui le veulent pénétrer sur le territoire français. Les choses sont dites. Si, à la République ne plaise, elles se déroulaient conformément au désir du patron de la CGT, elles entraîneraient les pires malheurs, mais elles ont le mérite d’être dites cyniquement peut-être, mais sans hypocrisie.

Les critiques sans fondement de Moix sont d’une autre nature. Elles prennent place dans le travail quotidien et systématique de sape qui veut émasculer le pouvoir d’État dans sa nécessaire fonction répressive en matière de régulation légale des flux migratoires. Au même titre que certaines associations, dont le président de la République a eu le surprenant courage intellectuel de préciser qu’elles étaient autant d’officines de promotion de l’immigration sans freins ni frontières.

Ce désir névrotique d’empêcher l’État de droit de protéger la population française est en majesté médiatique, et en premier lieu sur le service public. Chaque soir, la chaîne franco-allemande ARTE, elle-aussi hantée par le passé, consacre une rubrique empathique et unilatérale en faveur de la migration sans bornes.

Quant à la principale radio de service public, on se contentera d’observer sans commentaires superflus que le lundi 22, son préposé à la revue de presse débutait celle-ci par la lecture de l’article de Moix. Le mardi 23, celui-ci était invité pour la commenter.

Difficile de faire mieux. Ou pire, après que France 2 a dégoupillé la première grenade lacrymale. C’est donc avant tout l’audiovisuel de service public qui s’est fait, aux frais du contribuable et du citoyen français, l’auxiliaire de Moix dans sa charge névrotique contre la police de service public.

Le défi migratoire est déjà difficile à relever dans des conditions juridiques, politiques et administratives normales. Si la névrose historique du passé s’en mêle, une nouvelle histoire tragique est déjà écrite.

© Gilles-William Goldnadel. Publié avec l’aimable autorisation du Figaro Vox.

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