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dimanche 21 janvier 2018

Prisons : Pour le syndicat FO, c’est un "attentat" qui a eu lieu à Borgo


Le syndicat FO pénitentiaire contredit la version officielle: l'attaque au couteau commise vendredi par un détenu contre deux surveillants revêt un caractère terroriste. L'agresseur aurait crié "Allah Akbar".


En une semaine, les agressions de détenus contre des surveillants se sont multipliées dans les prisons de France. Sans pour autant que les motivations et les profils des auteurs se ressemblent. A Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), la justice a estimé qu'il s'agissait d'un acte terroriste, commis par un détenu armé et déjà condamné pour terrorisme. A Mont-de-Marsan (Landes) et Tarascon (Bouches-du-Rhône), à l'inverse, les agressions ont été qualifiées d'infractions de droit commun: les auteurs étaient "seulement" suivis pour radicalisation, ils ont agi à mains nus et ils cherchaient à obtenir un transfert vers un autre centre de détention. 

L'attaque vendredi à la prison de Borgo (Haute-Corse) fait beaucoup plus débat. Âgé de 28 ans, Morad A. a agressé au couteau deux gardiens, blessant grièvement l'un à la gorge et l'autre plus légèrement. Cet homme signalé pour radicalisation s'est ensuite retranché dans une cellule et a été interpellé en compagnie de trois autres détenus, possiblement des complices. Tous les quatre sont toujours en garde à vue ce samedi. 

L'enquête est pour l'heure menée sous le régime du droit commun par le parquet de Bastia. Ce qui irrite le syndicat FO pénitentiaire qui y voit, au contraire, "un attentat de détenu radicalisé", et non une simple "agression". "Je crois qu'on essaye de cacher les choses pour ne pas affoler les gens mais il faut informer les gens", s'est indigné ce samedi Raphaël Barallini, son délégué régional à Borgo, au micro de France Info. Le syndicaliste s'appuie sur plusieurs éléments: l'agresseur aurait crié "Allah Akbar" au moment de se jeter sur les surveillants, aurait noué autour de ses épaules "un drapeau" et aurait reçu des "embrassades sur le front" de ses complices une fois le forfait accompli. En clair, le syndicat voit une préméditation certaine et un contexte religieux dans cette attaque.

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