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vendredi 29 décembre 2017

Best of Présidentielle 2017: Quand les médias traquent les partisans du «ni-ni»


Présidentielle 2017: Emmanuel Macron et Marine Le Pen

Si les médias se parent des vertus de l’objectivité, la campagne présidentielle de 2017 en a clairement montré les limites. Ainsi, le peu de popularité du FN dans les rédactions parisiennes est-il de notoriété publique, ce qu’elles ont démontré dans leur chasse au «ni-ni». Retour sur une campagne où les médias ont pesé de tout leur poids.

Ces médias qui traquent les partisans du «ni-ni»

Pour une certaine presse, le «ni-ni» c'est l'ennemi. Les électeurs de candidats qui n'ont pas clairement appelé à voter contre Marine Le Pen sont l'objet de toutes les attentions, notamment des médias. Articles et éditos culpabilisants, les argumentaires de 2002 sont appliqués dans un contexte pourtant bien différent.

Depuis lundi matin, abstentionnistes, partisans du «ni-ni» ou ceux qui ont fait le déplacement jusqu'aux urnes pour exprimer leur désaveu du panel de présidentiables à coups de votes blancs doivent avoir les oreilles qui sifflent. Si on savait les électeurs du FN dénigrés ou psychiatrisés depuis des décennies, c'est visiblement à présent au tour de ceux qui n'ont pas publiquement clarifié leur intention de voter contre le FN- ou en faveur d'Emmanuel Macron- d'être directement pris à parti par certains «observateurs».

Le moins que l'on puisse dire, c'est que leur cible est toute désignée: devant Nicolas Dupont-Aignan ou François Asselineau, c'est Jean-Luc Mélenchon- et son électorat- qui est enjoint de clarifier sa position face au FN. Fer-de-lance de cette charge contre le candidat de la «France insoumise», les médias marqués à gauche. On retrouve, par exemple, dans le tabloïd Libération (propriété de Patrick Drahi, ami et soutien de la première heure d'Emmanuel Macron) des titres sans équivoque tels que «Jean-Luc Mélenchon, un silence écrasant» ou encore une lettre ouverte d'un étudiant militant de la France insoumise qui s'indigne de la non-prise de position de son champion.



L'Obs (propriété de Pierre Bergé, Xavier Niel, Matthieu Pigasse, amis et soutiens de la première heure d'Emmanuel Macron) ne semble pas pardonner à l'ancien ministre de Lionel Jospin de ne pas avoir donné de consigne de vote claire. Des chroniques, telle que «Et pourtant, je voterai Macron, par Raphaël Glucksmann» font flores, justifiant sa démarche de «stigmatiser» le «ni-ni» aujourd'hui, comme lors qu'il était «l'apanage d'une partie de la droite». De manière moins subtile, dans «Mélenchon, sans-culotte ou sans c…?», Sylvain Courage explique que Mélenchon n'ayant pas donné de consigne de vote «révèle ainsi la nature antidémocratique de son projet.»

Dans L'Huma, un dessin de Jul joue sur la carte de la culpabilisation: sa légende?

«Les réfugiés seront les premières victimes de l'abstention… Le 7, votez pour battre Le Pen!»

Mais les médias plus marqués à droite ne sont pas en reste. On retrouve ainsi dans Le Point un édito de Michel Richard intitulé: «Pour Mélenchon, un banquier égale un fasciste». Le directeur délégué de la rédaction de l'hebdomadaire y décrit le non-positionnement public du candidat de la France Insoumise: il «entre dans une pathétique cure de silence!» avant de conclure ainsi «Et, aujourd'hui, soudain, le mystère de cette panne. Cette extinction de voix. Ce silence pathétique, comme si rien, finalement, ne lui importait vraiment.»

Les lignes éditoriales de certaines rédactions sont encore plus claires, comme Marianne qui titre sobrement, sur une photo d'Emmanuel Macron «Le Rempart»

D'autres rédactions affichent publiquement leur parti-pris «La neutralité des journalistes n'existe pas. Oui, nous sommes anti-FN. Point final.» Tweete Louis Lepron, rédacteur en chef du Konbini.

Le service public n'offre pas un meilleur visage, comme France Inter, où l'humoriste Pierre-Emmanuel Barré est allé jusqu'à démissionner de son poste de chroniqueur après s'être fait retoquer son dernier billet d'humeur où il défendait le point de vue des abstentionnistes. «Trente minutes avant ma chronique, ils n'étaient pas d'accord avec l'idée générale. Pourtant, j'ai fait bien pire,» explique-t-il au Parisien, estimant avoir été censuré.

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