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vendredi 22 décembre 2017

Le village d’Allauch ose la crèche

Allauch, c’est un village sur une colline au sommet de laquelle un clocher a été dressé, il y a… longtemps. Un clocher modeste et orgueilleux à la fois. Modeste de par sa taille à peine plus haute que celle des moulins. Orgueilleux, car on peut le voir d’où que l’on soit, impeccable dans l’azur des collines.


Allauch joue les modestes mais mine de rien, sait qu’elle est le berceau de la belle Gyptis, la princesse ségobrige, qui épousa Protis, un jeune marin grec. De leur union naquit la cité phocéenne qui s’étend juste là, à ses pieds, jusqu’à la mer.

Allauch et son petit clocher n’ont de vis à vis que notre Dame de la Garde et ne sont dépassés que par le massif du Garlaban, vous savez, celui de Pagnol, enterré là, tout près.

C’est comme si le village avait en lui-même suscité cette fête du 24 décembre qui ne pourrait avoir lieu nulle part ailleurs. Allauch, c’est un décor de crèche naturel. La Marie d’Allauch et sa population transforment tous les ans le cœur du village en crèche vivante.

La nuit de la Nativité, sous un ciel aussi pur que le jour, les gens d’Allauch tous ensemble se pressent au pied de la colline pour célébrer la Nativité. Les enfants n’ont pas froid, enveloppés de chaleur humaine dans la plus longue nuit d’hiver.

Deux heures avant minuit, tout là-haut le clocher s’éclaire. L’ange Gabriel, interprété par une Allaudienne, annonce aux bergers la bonne nouvelle : un enfant est né.Aussitôt, bergers et troupeaux descendent la colline aussi vite qu’ils le peuvent annoncer la nouvelle au puisatier qui, de surprise en tombe à la renverse dans son puits. Les tout petits s’exclament : il est tombé, il est tombé, avant de le voir, rassurés, sortir du puits sain et sauf et suivre les bergers. C’est au tour du boulanger, du poissonnier, de la mamé, d’être réveillés par les bergers et les sonnailles des brebis et de leur emboîter le pas.

Arrivés au pied de la colline, bergers, moutons, santons vivants, tous comédiens d’un soir, ouvrent le chemin à la foule et la conduisent à l’église. Grands et petits, croyants ou non, locaux et visiteurs d’un soir, communient dans ce même moment millénaire où chacun trouvera ce qu’il n’avait pas forcément cherché : tradition, ferveur, transcendance.

On est à l’aplomb de minuit. Le ténor marseillais fait vibrer l’église d’un superbe Minuit chrétien :

…Peuple à genoux, attends ta délivrance, dit le premier refrain du cantique

…Peuple debout, chante ta délivrance, lui répond le dernier.

Florence Labbé pour ripostelaique.com

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