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mercredi 29 novembre 2017

La République selon Macron

La République selon Macron


Drôle de République, oui ! Voilà comment on arrive en donneur de leçons qui va tout révolutionner pour faire … pire qu’avant. Nos institutions en prennent un sérieux coup. 


Voilà le parti majoritaire à l’ Assemblée nationale qui élit son dirigeant, déjà désigné d’office, par un vote à mains levées comme au bon vieux temps de « Tintin chez les soviets » et le guignol ainsi adoubé va rester au gouvernement et aura en charge les relations avec le parlement. Ainsi le chef du groupe majoritaire est aussi celui qui est en charge de dialoguer avec les autres, du jamais vu. Voilà un curieux remaniement qui installe au gouvernement un député socialiste proche de Hamon, qui n’a pas voté le budget, qui a traité récemment Macron de « connard », et qui se retrouve à Bercy, au budget, justement. C’est Darmanin qui doit être content, il va découvrir encore mieux ce que c’est que d’être de droite « et » de gauche. Episode que j’intitulerais volontiers : « Les délices de Machiavel ». 


La taxe d’habitation.


Si la réforme n’est pas invalidée par le Conseil constitutionnel, et que vous faites partie comme moi des malheureux qui n’y échapperont pas, vous allez être punis quatre fois. D’abord en continuant de la payer, puis, comme l’Etat va attribuer une dotation compensatoire à votre commune, avec vos impôts, vous paierez pour vos voisins exonérés. Ensuite, il est fort probable que la commune ajuste à la hausse le taux de la taxe d’habitation restante pour faire la soudure, et enfin, il y a gros à parier que la taxe foncière en prendra aussi un coup. On ne peut pas faire plus inéquitable. Et quand j’entends comme vendredi, sur un plateau télé, un partisan macronien expliquer que c’est un impôt injuste parce que celui qui a 10 000€ et celui qui en a 1 000, paient la même taxe, je me dis qu’ils ont le cerveau rétréci pour tenir un raisonnement aussi imbécile. En effet, la taxe d’habitation est fonction de l’habitat qu’on occupe et finance l’accès à des services ouverts à tous. Chacun doit être libre de choisir son mode de vie : un pauvre préférer faire des sacrifices pour sa maison, un riche vivre dans une cabane de jardin … Il y a suffisamment de prestations mises sous condition de ressources. Vous allez voir que ces gens-là vont nous mettre demain le prix du m3 d’eau en fonction des revenus. Mais inquiétez-vous davantage puisque le Garcimore qui nous gouverne veut créer un nouvel impôt plus « juste » pour financer les collectivités. On peut craindre le pire ! En effet, en France, la justice fiscale ce n’est pas faire participer tout un chacun à raison de ses facultés contributives, comme le prévoie la Constitution, c’est quand seuls les « riches » paient. Sauf que les riches en question sont de moins en moins nombreux et de moins en moins riches.


Dette publique


L’Europe rappelle la France à son devoir : elle doit impérativement diminuer sa dette et émet des réserves évidemment justifiées sur le budget 2018. La croissance permettra peut-être de rester à la limite des 3% de déficit prévus par le traité. Mais le pays est loin du compte sur le front de sa dette qui s’élève aujourd’hui à 96,9% du PIB alors que le plafond du traité est à 60% ! (Moyenne de la zone euro 87,2%) Ce que Bruxelles voit bien, c’est que l’effort « structurel » (en clair, le vrai effort) pour la construction du budget est en recul important par rapport aux années précédentes, malgré les divers « habillages » sapinesques. Et au rythme où sont dépensées les rentrées supplémentaires de TVA pour financer divers ajustements qui seront votés en seconde lecture par l’AN, l’objectif risque de ne pas être atteint. Une faiblesse malvenue au moment où Macron voudrait pousser ses ambitions de réforme : l’Allemagne et les Pays d’Europe du Nord pourraient bien lui opposer le manque de volonté budgétaire. Autrement dit « commence par te réformer toi-même » ! Le fait que l’Italie soit endettée à 131% du PIB n’est pas une excuse. Néanmoins, c'est une source d’inquiétude supplémentaire pour l’Union européenne. Une bonne nouvelle, (enfin presque), pour terminer : les Etats de la zone euro vont lever un peu moins d’argent sur le marché obligataire en 2018 : 860 milliards tout de même. La BCE (Banque Centrale européenne) prévoit donc d’alléger ses interventions, ce qui provoquera inévitablement le retour à la hausse des taux d’intérêt.




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